Twilight : When you can live forever, you have time to kill

twilight01mt52

In Da Mix

J’aime les films de vampires. Qui n’aime pas ? Des gens qui ne vieillissent jamais, qui passent leur temps à participer à des orgies et à danser la carioca, il y a de quoi fantasmer.
J’aime aussi High School Musical. Qui n’aime pas ? Bon, d’accord.
Par chance, il y a des gens assez géniaux (des femmes) dans ce monde pour avoir décidé de mélanger ces deux mondes qui n’avaient en commun qu’une dimension glauque prononcée, le résultat étant cette éblouissante bouillabaisse nommée Twilight : Chapitre 1 : Fascination (ciel !), ou le gros carton en carton du moment.

Bella, elle l’a

Et le film porte bien son nom, car fascinant, il l’est. Mais de quoi ça parle, me demandera le chaland en mal de sensations pures. Cette fresque, qui s’ouvre sur une passionnante poursuite avec une biche, nous conte l’histoire de Isabella « juste Bella », une lycéenne introvertie et mal dans sa peau, interprétée par la jolie hippie d’Into the Wild qui excelle décidément dans les rôles de lycéennes frustrées en petite culotte. Bella va donc vivre dans le bled de Forks, la seule région du monde où il pleut tout le temps et où les gens sont soit bleus, soit sosies des ZZ Top, avec son père Charlie. Son père qui est d’ailleurs un policier moustachu, mais on s’en fout puisque son job a finalement moins d’importance dans le script que son amour des crumbles aux fruits rouges.
A noter que Charlie ne se trimballe jamais sans son indien à roulettes personnel, Billy Black (et non pas Sitting Bull, ce qui aurait pourtant convenu à un handicapé), qui lui-même semble vivre en symbiose constante avec son fils Jacob, que nous appellerons Mimisicu pour des raisons évidentes de crédibilité historique.

Billy et Mimisicu, étant de gentils indiens dont l’unique but dans la vie est apparemment de servir l’Homme Blanc (bleu), offrent un pick-up à Bella qui s’empresse bien sûr d’aller au lycée avec. Une fois arrivée, elle se rend compte que même si elle est nouvelle, tout le monde la connaît et fait la rencontre de la bande de rigolos de service : Eric, le chinois mèche rebelle trop investi dans la vie du lycée, qui affiche en permanence un sourire béat et qui semble éprouver un plaisir quasi-sexuel à plonger sa main dans du compost ; Mike, l’imbécile heureux hérité d’American Pie ; Jessica, la copine coconne au physique d’andouillette ; Mamadou, le noir qui danse même quand il conduit sur du verglas (bon ok, il s’appelle pas Mamadou) et enfin une autre abrutie dont j’ai oublié le nom, de toute façon on s’en fout. Mais cette bande de joyeux zouaves, vous l’aurez compris, est totalement inutile. Car dans ce lycée, il n’y a de la place que pour une famille : les Cullen.
cafet1

Draculito

Les Cullen sont en fait des vampires. Voilà, j’ai révélé le gros twist du film qui n’en est pas un. Les enfants Cullen sont donc introduits un par un dans la déjà mythique scène d’entrée dans la caféteria, dont la mise en scène est de toute évidence un hommage direct à ceci .
Maintenant que vous êtes dans l’ambiance, parlons-en, de cette troupe. Commençons par Emmett, le grand écervelé indispensable à tout bon film de merde, dont le passe-temps principal se résume à se percher sur les toits des voitures. Il y a ensuite Rosalie, la blonde qui s’énerve pour un rien à tel point que plus personne ne fait attention à elle. La pimpante Alice a la particularité d’avoir des visions de l’avenir qui ne servent à rien (« c’est bien Alice, mais le futur peut changer ») mais elle est jolie alors on lui pardonne. Mais ce sont bien les derniers qui nous intéressent, à commencer par Jasper.
edaljasp
Jasper, dit « celui qui a toujours l’air de souffrir ». Ah ça, effectivement. Le pauvre passe toutes ses scènes en arrière-plan, les yeux écarquillés, adoptant en permanence l’expression que j’ai quand je regarde une photo de Jennifer Aniston, ou plus simplement l’expression de quelqu’un qui n’aurait pas de cerveau. Bien sûr cela s’explique par une pirouette (youpla) scénaristique dont je ne révélerai rien, parce que c’est quand même à chier. En tout cas il fallait le préciser ; ce personnage restera mythique, chacune de ses apparitions justifiant mille fois le prix du billet et élevant le film vers des cîmes de plaisir comique intense. Si vous n’y allez pas pour moi, allez-y pour lui.

Enfin, nous arrivons à Edward Cullen. Oui, ce sont bien les cris de milliers de lycéennes en chaleur que vous entendez au loin. Car Edward est, je cite (faut pas déconner), « littéralement à tomber ». Oh oui, à en tomber à la renverse même. Car voyez-vous, Edward Cullen, en plus d’être un vampire « végétarien » (il ne mange que des animaux…mais ! ça n’a pas de sens), représente le fantasme de toute une génération. Il est mystérieux, il court vite, il virevolte, il rattrape les pommes qui tombent et surtout il change de personnalité aussi souvent que de coiffure – c’est à dire tous les trois plans. Le moment le plus mémorable étant celui où, après la grande scène de révélation centrale sur laquelle nous reviendrons, il passe du statut de pauvre vampire romantique et perturbée (smiley triste) à celui de branleur du dimanche, toutes ray bans dehors. Mais ce n’est pas très important, il redeviendra triste sous la pluie la scène suivante. Et ainsi de suite. Une sorte de spirale infernale de l’incohérence où les repères les plus basiques n’ont plus cours et dans laquelle le spectateur s’enfonce comme la main d’Eric dans du compost. La logique frappa à la porte, et la scénariste de Twilight répondit « il n’y a personne ici. »

On peut finalement ajouter à cette galerie de personnages, déjà aussi fournie que la moustache de Charlie, le père Cullen, Carlisle, sosie absolument ultime de Tom Cruise, mais blond et sans talent (l’un allant peut-être avec l’autre). Ils ont poussé le vice jusqu’à lui coller la voix française de l’ami Tom. Là encore, l’effet est troublant. Ils n’avaient probablement pas le budget pour le vrai, un peu comme les gens qui invitent Johnni Hallydou, sosie officiel, à la kermesse du village. Carlisle est en fait celui a transformuté les pauvres enfants ainsi que sa femme, le caractère surnaturel de cette famille en or nous étant présenté lors d’une scène de flashback où les filtres bleus font place aux filtres marrons, où ces chers immortels nous prouvent qu’ils avaient déjà des coiffures gélifiés « fixation tête de con » en début de siècle et où les indiens portent des casques en plastique.

My mon, swear to god, dat is tom cruise behind me yo. One love.

My mon, swear to god, dat is tom cruise behind me yo. One love.

Pour finir, sans trop en dévoiler, nous avons les trois bad boyz. On sait directement qu’ils sont méchants puisqu’ils se baladent chemise ouverte : Laurent, un rasta auteur de la réplique la plus absurde du film (« je m’appelle Laurent »), le très méchant James qui a de toute évidence manqué le casting d’Hélène et les Garçons et Victoria. Vous l’aurez compris, cette dernière n’est pas vraiment un boyz en fait, juste une rousse, et nous arrêterons là pour ne pas choquer notre lectorat roux. Et je sais qu’il est important.

L’abîme aussi regarde en toi

Tous ces fanfarons vont donc interagir dans le village de Forks pendant deux heures, sous les yeux bienveillants de Jasper l’halluciné. La première partie du film, qui décrit le rapprochement entre Bella et le beau Edward, se résume en fait à des sorties surf à « la plouch » (la plage du coin), des sorties shopping, des chutes vidéo gag de l’héroïne, et des « heu euh tsais jme demandais enfin comme ça tu voudrais pas aller au bal avec moi ? ». Et c’est là qu’un parallèle évident avec High School Musical se dessine. En effet, à tout moment, le spectateur s’attend à ce qu’une musique de r’n’b bisounours se déclenche et que tout le monde se mette à gesticuler sans but en criant « yeah we’re vampires, we don’t like the sun, you tell’em pal ! Go wildcats ! ». Mais, orage ô désespoir (Benjamin Franklin, 1752), rien de tout ça n’arrivera. High School Musical restera le maître du film de lycée.
Heureusement, Twilight a aussi sa grande particularité qui fait la différence. Non, pas les vampires, non pas les flashbacks « tiens au cas où t’aurais oublié ce qu’il s’est passé y a 3 minutes » mais les duels de regard, qui occupent environ la moitié du film et qui font en fait office de scènes d’action. Car il ne se passe rien d’autre. On assiste donc à d’épiques batailles « t’as vu mes yeux de méchants » durant à chaque fois au moins 10 secondes, pendant les cours de biologie, pendant les repas, quand les voitures se croisent, le tout cumulant dans l’affrontement incroyablement intense entre les Cullen et les trois petits cochons, scène sur laquelle nous allons vite nous étendre. Seuls Bella et Jasper évitent les regards méchants, la première se contentant des yeux de biche « prends-moi tout de suite là sur le bureau » pendant que le second est juste trop occupé à fixer le vide.
edw2

Shiny Happy People

Il est maintenant temps de se consacrer aux scènes les plus fondamentales du film. Tout d’abord, la grande révélation, où Bella confronte Edward, bien obligé de lui révéler sa condition de vampire. Une séquence chewing-gum qui n’en finit plus de s’étirer jusqu’à sombrer dans les abysses soporifiques chères aux documentaires animaliers, ou à Gus Van Sant. A tel point que je m’y suis endormi comme un seul homme, mais vu que je suis quelqu’un de sérieux et d’un peu masochiste sur les bords, je suis retourné voir le film. La scène en elle-même est donc en grande partie totalement à chier mais a le mérite de contenir l’élément le plus ridicule de l’univers depuis le menton des Frères Bogdanov. Avant d’arracher des arbres sans raison et de sauter à travers la forêt tel le Sangoku de Dragon Ball : le Tournoi des Sept Boules, Edward, afin de montrer à Bella qu’il est un monstre et qu’elle doit rester loin de lui et que la vie c’est dur et que blabla, trouve le seul rayon de soleil de la région et va se foutre dessous. Mais il ne brûle pas. Il n’a même pas mal. Non, il scintille.
Alors oui, les vampires de Twilight scintillent. Et pas à moitié, plutôt dans le style « Al Super Gay passe ses vacances à Montmartre chez Michou, en plus c’est soirée paillettes yahou ». C’est déjà assez comique en soi, mais Bella en rajoute une couche avec son « tu es magnifique », proclamé d’une telle façon qu’il est difficile de ne pas penser au génial « c’est Pierre Cardin, il est sublime » de Retour Vers le Futur. Le seul problème, c’est que le contexte n’est pas le même. A moins que Twilight soit vraiment un film comique, et dans ce cas il devient un chef d’oeuvre absolu.
Donc les vampires scintillent. Soit, c’est la vie, on a tous notre croix à porter. Passons plutôt à la scène la plus formidable, la plus épique, de toute l’histoire des films de vampires.
cruise

Coup de foudre au match de Baseball

Pour résumer, Edward et Bella sortent ensemble et passent leur temps à sauter dans les arbres, un peu comme si on se retrouvait dans un film de Zhang Yimou (c’est à peu près aussi intense), quand ils ne font pas un remake sans but de pub Carte Noire. Et puis un jour ils vont jouer au base-ball avec la famille Cullen. Ca n’a pas l’air dit comme ça, mais c’est la grosse scène d’action du film.

Car vous pensez bien, des vampires qui jouent au base-ball, même des vampires disney channel, c’est autre chose que le premier trou du cul venu avec sa batte dans son jardin. On assiste donc à une scène qui regroupe tous les tics gerbants du cinéma branchouille des 10 dernières années : une partie façon Olive et Tom avec des super coups et Edward qui court comme Flash, des effets numériques directement empruntés aux années 80, des ralentis et des accélérés ancrant définitivement la séquence dans l’esthétique dégueulasse de 300 et, pour couronner le tout, une chanson de Muse en fond. Ca a le mérite d’avoir trouvé une utilité à ce groupe, d’autant plus que la chanson en question se nomme Supermassive Black Hole ; et par cette formule, Twilight tout entier fut résumé.

You know I'm bad, I'm bad.

You know I'm bad, I'm bad.

Tout ceci donne déjà à l’amateur de daubes un début d’érection, mais c’est sans compter l’arrivée des bad boyz pour le grand affrontement. Ils apparaissent comme un dreadlock dans la soupe et sortent de la forêt en glissant à travers la brume. Oui, ils font du moonwalk à l’envers, et vu qu’en plus c’est filmé avec les pieds avec – encore et toujours – des plans sur leurs regards de boeufs , ça en devient juste formidable. La discussion entre Tom Cruise et Rasta-man commence. La tension est palpable.
– Je m’appelle Laurent.
La tension n’est plus palpable.
– Je ne savais pas que cette région était annexée.
– Oui, nous avons une résidence permanente ici. Vos activités nous ont causés des problèmes etc
– Oh, excusez nous, nous allions partir, de toute façon. Nous avons dirigé la police vers l’Est.
– Bien.
– Avant que nous partions, est ce qu’on peut jouer ? Allez, juste une manche.

Et là le spectateur muni d’un cerveau se demande ce qu’il vient de se passer. Qu’est ce que c’est que cette bande de mous du gland ? On a fait monter la sauce pendant 1h30 pour arriver à ça ? Dieu, je refuse d’y croire.
Ce serait bien vite oublier la présence de James, qui comme dit plus haut est vraiment très méchant, probablement parce qu’il préférerait être sur le plateau des Vacances de l’Amour. Il s’aperçoit que Bella est une humaine, balance un superbe « héhé t’as amené le casse croûte ? », et là tout le monde s’excite. Enfin, façon de parler. Les deux clans se contentent de prendre des poses spider-man et se font face en susurrant « kss kss ». Sans oublier d’ouvrir très grand leurs yeux. Et puis c’est fini, la bande à Lolo s’éclipse pour un moment.

"Kss ksss ah putain les gars je me vautre !"

"Kss ksss ah putain les gars je me vautre !"

Twilight Zone

Passons rapidement sur la traque, les reniflements vicieux de James, l’incompétence totale de Jasper et Alice censés protéger Bella mais qui préfèrent aller glander ailleurs, et le combat final mou du genou, durant lequel, en second plan, un feu sort du plancher par magie pour que les vampires puissent danser sans but autour, pour arriver directement à la dernière séquence. Une scène de bal riche en émotions, avec notamment le retour de tous les personnages inutiles histoire de nous montrer qu’ils ne sont pas morts, Mimisicu en tête, qui n’est pas venu pour le bal mais qui a quand même mis une cravate. Mais à ce niveau là, c’est la moindre des incohérences.
Le film s’achève (nous achève) donc sur un remake new age emo de la Boum. Bella et Edward s’enlacent, se caressent et se perdent dans des dialogues tellement cul cul la praline que même AB Productions n’aurait pas cautionné, sur fond de slow dégoulinant et dans un décor de Noël champêtre à l’esthétique évoquant les films Barbie : Princesse Magique. C’est avec ces atmosphères érotico-chastes, mes amis, qu’on met en transe des millions de jeunes filles qui mouillent les draps chaque nuit en pensant à l’ami Edward.
bal

Et puis Victoria, qu’on avait totalement oublié depuis le temps, revient nous faire coucou, annonçant un deuxième chapitre plus sombre, plus épique, plus Jasperien (espérons). Car c’est ça qui est bien avec les sagas, quand c’est fini, c’est pas fini et il nous reste encore au moins 6h daubesques à affronter de nos regards les plus méchants, surtout qu’il y aura des loup-garous. D’ici là, on pourra visionner encore et encore ce premier épisode, véritable pot-pourri pourri de tout ce qu’on peut faire de mielleux mais aussi de puissamment drôle au cinéma aujourd’hui. Une merde étonnement attachante à voir absolument.

Publicités

Un commentaire

  1. NB: Site internet, accrochez vous à votre slip:: http://mylifeistwilight.com/

    Mes préférés:

    1 Today I realized that since I started reading the Twilight books, every time my husband and I argue or he says something mean to me, all I can think of is “Edward would never say that/ treat me like that.” MLIT

    2. Today I was sunbathingand my bf came out shirtless to join me. I looked over at him and his chest was sparkling. When I asked him what he was doing he just smiled and said “I wanted to sparkle because I know how sexy you you think that Edward guy is”. He used a whole tube of body glitter. MLIT


Comments RSS TrackBack Identifier URI

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • Le bon mot de Benjamin Castaldi

    "Pour la crudivore, les carottes sont cuites."