Twilight 2 : U Don’t Have 2 Be A Vamp 2 Be My Girl

Trou Blood

Edward est de retour.

Maintenant que vous êtes allé changer de slip, il est temps de répondre à la grande question : le fébrilement attendu Chapitre 2 est-il à la hauteur de son grand frère ? Succomberez-vous à la Tentation ?
Le suspens ne durera pas plus longtemps : oh oui. Oh oui.

Il y a quelques mois, nous avions laissé Bella au bal de fin d’année, follement éprise du dieu vivant mais mort Edward Cullen. De ce côté-là, on retrouve rapidement ses marques : rien n’a changé. Bella continue d’arborer son air de nymphomane frustrée n’attendant que de jouer à la brouette javanaise avec son boyfriend, et ce dernier arrive toujours au lycée au ralenti, sa chemise flottant gracieusement au vent. Rien n’a changé, et rien ne changera : ce film n’a aucun but. L’histoire tient sur un emballage carambar : Edward quitte Bella, puis finalement il revient parce que l’amour triomphe toujours. Ce n’est point l’important, le film préfère jouer sur nos émotions et le plaisir de retrouver nos héros.

"Hiiiii !"

Guess Who’s Back ?

Alors, que sont-ils devenus après tout ce temps ? Oh, ils vont tous très bien. A ceci près qu’excepté Bella, Edward et la star du film sur laquelle nous allons vite revenir, ils sont tous inexistants. Les magnifiques Cullen s’effacent malheureusement, mais cela rend leurs brèves apparitions d’autant plus mémorables.

Car je vous vois déjà perturbés, mais n’ayez crainte : Jasper est bien là. Et, immense nouveauté, il fait des blagues ! Une pure folie et énorme prise de risque pour cet acteur qui de toute évidence n’a pas l’habitude d’exprimer plus d’émotion qu’une pomme de terre. Heureusement il est toujours un peu autiste et dès qu’il a balancé une réplique, son cerveau s’éteint brutalement et son regard vitreux réapparaît comme au premier jour. Le principal est sauf : il a tout de même droit lui aussi à une scène au ralenti.

"Tom Cruise, laisse-moi sortir de ce film de merde !

En ce qui concerne les autres, le constat est moins glorieux. Alice prend un peu d’importance, on ne s’en plaindra pas, mais les autres n’ont droit qu’à une ou deux phrases maximum. Il fallait donc, tel notre idole à tous Bigard, mettre le paquet. Prenons par exemple les deux interventions d’Emmett, splendides d’intelligence :
« Elle a 18 ans, tu sors avec une vieille ! »
« Oui Bella oui oui oui ! » (celle-ci peut paraître douteuse hors-contexte)

Même Laurent a droit à plus de temps de caméra que notre belle famille.
Laurent ? Oui, même ce bon vieux Rasta Lolo est de retour, chemise ouverte, tétons dressés. Ils n’ont oublié personne. Bon, autant vous le dire : il se fait dégager en cinq minutes comme la dernière des merdes. Where is the love ? Enfin c’est toujours sympa d’avoir pensé à son fan club, tout en réglant habilement le problème des quotas.

"what jah mean I no Eddie Murphy ? Fuck jah my breda. And tings."

Here Come New Challengers

Chez les anciens, ce n’est donc pas la grande fête. C’est bien parce qu’il fallait faire place à la nouvelle famille de vamps un brin kitsch, les Volturi, vivant dans la ville de Volterra (…). Visiblement très influencés par Mozart L’Opéra Rock, ces derniers nous sont présentés dans une suprenante scène avec un tableau qui s’anime sous nos yeux incrédules. Ca se veut un effet de mise en scène génial, mais ça fait plutôt penser à une parodie d’Harry Potter.

Les Volturi. A peu de choses près.

Les Volturi ont la réputation d’être très forts et très méchants. Dans les faits, ils restent le cul vissé sur leurs fauteuils pendant des siècles en attendant que des touristes viennent les voir pour se faire une petite orgie dans le sang. Leur big boss, qui à une tronche de mime pédophile, aime notamment se pavaner en parlant un italien à peu près aussi crédible que l’anglais de Jean-Pierre Rafarin. Il n’y a pas grand chose à ajouter sur ces rigolos, vu qu’ils apparaissent dans une seule et unique scène et qu’ils se contentent de mater Bella avec avidité en débitant de la merde. Ils pourraient presque faire partie de Dawn of The Daubes.

On s'amuse beaucoup chez les Volturi.

Maintenant qu’on sait que tout va pour le mieux pour les seconds rôles, il est temps de s’occuper de nos preux héros. Et du côté de chez Bella Swan, ce n’est pas la grande forme. Comme dit plus haut, Edward la quitte, car oui il a peur de la faire souffrir il est torturé la bite en trompette etc. Sa réaction serait celle de n’importe quelle lycéenne à sa place : elle passe trois mois au fond de son pieu, se réveille en pleine nuit en hurlant à la lune comme si elle avait une mauvaise gastro et écoute du Radiohead. Du Radiohead ! C’est dire si elle voit la vie en noir. Du moins jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive que dès qu’elle est en danger, un petit Edward fantôme apparaît pour lui dire « non, ne fais pas ça, je t’en prie ». L’essentiel des apparitions de notre Pattinson préféré se fera d’ailleurs dans ces moments façon Jimminy Cricket translucide. Complètement shootée à ces visions blafardes bavardes, Bella n’aura de cesse de repousser ses limites, allant même jusqu’à se gauffrer d’une moto ou sauter dans l’eau. Ce film est palpitant.

"Non, Bella, ne fais pas ça."

Alors une question se pose. Qui pourra sauver la belle Bella de ses démons intérieurs ? Qui nous fera fantasmer des mois durant ? La vrai superstar du film, une véritable révélation (!) : Jacob Black.

Non, pas lui.

Lui. ("Hiiiii !")


Indien vaut mieux que deux tu l’auras

Vous vous souvenez de Jacob, ce frêle indien inutile du premier opus ? Oubliez-le. Aujourd’hui, Jacob, c’est 14 kilos de muscle supplémentaire. Jacob, c’est un sourire tellement blanc et éclatant qu’il aveuglerait Stevie Wonder si c’était pas déjà fait. Jacob, c’est le meilleur regard trisomique heureux depuis Le 8ème Jour. Jacob, c’est tout ça et bien plus à la fois. Mais l’intéressé l’explique bien mieux que moi (rien de mieux dans la vie qu’une interview doublée en VF !) :

Car oui les amis, Edward est déjà has-been, il faut maintenant faire place aux tablettes de chocolat et aux UV. Le changement de Rabbi Jacob s’opère aux alentours de la moitié du film. Je dis ça, mais Tentation réinvente tellement le concept de la relativité du temps que je n’en ai en fait aucune idée. Bref, au départ, on le retrouve chevelu, un petit indien de 16 ans (si) qui répare innocemment des motos en essayant de draguer Bella entre deux séances de Sport-Elec. Les premiers signes de sa transformation apparaissent alors qu’il va voir un film d’action nommé « Combat à Mort Sanglant » ou un truc du genre (probablement avec Dolph Lundgren), accompagné de sa douce et d’un lycéen de retour du premier épisode, à la gueule à mi-chemin entre Cauet et Shia LaBeouf. Alors que tout se déroule bien et que Jacob fait le Jacky parce que « la vue du sang le fait rigoler », Cauet LaBeouf le dérange en pleine séance de drague. Cet échange suit.

Jacob : Bella je ne t’abandonnerai jamais.
Cauet : Excusez moi j’étais malade.
Jacob : Tu n’as pas l’air d’aller bien, tu veux QUE JE T’ENVOIE A L’HOPITAL ? (tête de smiley énervé)
Cauet : Euh calme toi Jacob.
Bella : Arrête Jacob ! Oh, mais tu es si chaud.

Suite à quoi notre fier indien s’éclipsera (!) pour ne revenir que cinq interminables minutes après, sans ses cheveux et uniquement vêtu d’un simple short. Le tout accompagné du grand twist and shout du film : Jacob est un loup-garou. Car oui, cette banane de Bella est la seule fille au monde à s’enticher d’un loup-garou quand elle se sépare de son boyfriend vampire.

Lassie sauteuse.

Les indiens sont des loup-garous. On ne sait pas encore si le père handicapé de Jacob se transforme, lui, en Jeep, peut-être aurons-nous un jour la réponse. Mais plus intéressant encore, les indiens passent leur vie en short. Non, ce n’est pas pour montrer leurs muscles et faire chavirer les hormones de jeunes donzelles en fleur, vous voyez le mal partout. C’est simplement parce qu’ils ont très chaud ! Le film, pensé dans ses moindres détails, ne laisse rien au hasard. Cet état de fait nous est expliqué dans l’une des nombreuses conversations édifiantes qui parsèment le film.

"Ouais on mange des muffins en slip on est comme ça nous haha yeah !"

Parolé parolé parolé

Tentation, comme Fascination, n’est pas un film d’action, et non je ne ferai pas de rime avec « fion ». C’est un film basé sur le relationnel. Oui, il y a bien quelques scènes qui tentent de réveiller le spectateur narcoleptique, sans grand succès. On a droit au maintenant traditionnel duel incompréhensible entre Edward et un vampire, scène à laquelle il manque vraisemblablement des plans vu qu’il est impossible de se rendre compte de ce qu’il se passe. En bonux, une poursuite mega ralentie pseudo poétique avec une petite compo de Matthew « asthmatique » Bellamy en fond, et le susnommé combat de deux secondes entre Laurent et les louloups. C’est tout, mais que voulez-vous, fallait bien laisser de la place pour les apparitions incessantes de FantômEd. Etant donné qu’il n’y a aucune histoire, et afin d’éviter que le film ne dure que 15 minutes, le scénario se noie dans des dialogues interminables donnant un aspect concret à la notion de vide intersidéral. Chaque scène est étirée à son potentiel maximum de nullité, s’égarant dans un fantastique maelström de phrases imbriquées les unes aux autres défiant le concept même de clarté. Et de crédibilité aussi : franchement, combien de gens dans ce monde utilisent le mot « néanmoins » pour commencer une phrase ? Si tu as levé la main, sache que tu es probablement un fils de pute. Désolé, c’est gratuit mais juste.

L’autre point fascinant (!) des dialogues de Tentation réside dans la volonté de placer des phrases qui ont pour seul but de faire fondre Bella comme un toon dans la trempette, et en extrapolant un peu faire fondre les millions de rêveuses qui poseront leurs beaux yeux sur ce chef d’oeuvre. Citons, par exemple :

« Te voir respirer chaque jour est mon plus beau cadeau. » (futur énorme succès pour les cartes de la st valentin)
« Je me sens vivante près de Jacob. Il a comblé le trou que j’avais dans la poitrine. » (…vraiment ?)

Et surtout n’oublions pas l’échange intimiste le plus fou fou fou de ces 2h10, qui sera difficile à dépasser dans le prochain épisode. On leur fait confiance pour essayer très fort.

– Viens-là, je suis toujours chaud.
– Tu es ton propre soleil.
– Je fais toujours 42°. C’est un truc de loup.
– Je crois plutôt que c’est un truc de Jacob.

What else ?

Ce serait vraiment pas de chance que le téléphone sonne à ce moment précis !

L’Ile de La Tentation

Ca ne vous aura peut-être pas échappé, mais à la différence du premier chapitre, Tentation est réalisé par un homme. Lui :

Cet homme a réalisé American Pie et Twilight. Légion d'Honneur !

Il a beau avoir un air de mec qui a un petit souci au niveau du chromosome 21, il n’en reste pas moins un être pourvu de testostérone. On pouvait donc s’attendre à une vision différente, je dirais bien un peu plus burnée mais la décence me l’interdit. Bon en vrai on ne s’y attendait pas vraiment mais de toute façon c’est loin d’être le cas : Chrissy a réussi l’exploit de faire un film encore plus laid et mal branlé que son prédécesseur. Les ralentis font un retour force 10, allant souvent jusqu’à donner la sensation d’être dans un espace temps distordu, ou plus clairement un épisode de L’Homme Qui Valait 3 Milliards. Mais le summum du mauvais goût est atteint lors des séquences de rêves oniriques, plus particulièrement celle où l’on fait une petite visite dans l’esprit d’Alice qui a une vision de l’avenir. Une forêt (toujours la même zone d’herbe recyclée 30 fois en deux films). Edward court au ralenti, un sourire béat plaqué sur sa face de playmobil. Puis Bella le rejoint, fragile figure virginale toute de blanc vêtue, pour courir à ses côtés. Ca ne dure que quelques secondes, mais ça suffit pour nous plonger dans un état second, attendant fébrilement un slogan style « Avec mes nouvelles lingettes Invisible Touch, finies les pertes vaginales. Je me sens fraîche du matin au soir ! » proclamé sur une musique douceâtre de Muse. Cela n’arrive bien évidemment jamais, mais ce petit instant de grâce est déjà suffisamment sidérant.

Nutella aide vos enfants à bien grandir.

Si Tentation est totalement à la hauteur de son grand frère et vous subjuguera à de nombreuses reprises, il est transcendé par ses dernières minutes qui ressemblent à tout sauf à une fin. Jusqu’au bout du bout, ce film s’acharne à prouver qu’il est absolument inutile. Pas de baston ultime, pas de déchirements, non. On envoie juste ce pauvre Jacob se faire foutre (« ouais t’es gentil mais je préfère Edward finalement kiss @+ ») et on termine ce vortex cinématographique par deux simples mots que je ne peux révéler ici, car je ne voudrais pas vous gâcher ce choc émotionnel d’une puissance que vous n’avez pas ressenti depuis la mort de la maman de Bambi. Deux mots porteurs d’une symbolique lourde, qui résonneront dans votre tête tel un écho lointain jusqu’à ce que le troisième épisode sorte. D’ici là, sortez votre plus beau short et allez donc au cinéma. Car Twilight, c’est de la daube, mais c’est le retour du nanar à grande échelle. Et qu’est ce que c’est bon.

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3 commentaires

  1. Je suis tombée sur cette critique après avoir fait une recherche sur google à propos des répliques bien niaises de Tentation, et je ne suis pas déçue, cet article m’a fait rire du début à la fin.
    Bravo, vraiment. Ça reflète toutes mes plus profondes pensées.

  2. J’ai ri du début à la fin.
    Même si j’ai aimé le film, tout ce que tu dis est vrai. Bravo.

  3. ‘tain, j’ai pleuré de rire (vraiment) au niveau de Cauet-Shia LaBeouf. Déjà qu’en regardant le film, j’avais pas capté pourquoi Jacob s’excitait, mais en relisant les dialogues c’est encore moins crédible x’D

    Merci beaucoup pour cette critique qui reflète tout ce que je pense x)


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