Super Nanny : Youth In Revolt

Une Nounou de l’Enfer

Il y a eu beaucoup de grands reporters dans l’histoire. Des hommes, des femmes, Harry Roselmack, tous sont prêts à se rendre dans les endroits les plus reculés, meurtris ou rose bonbon pour nous rapporter un petit bout de vérité. Or il arrive que certains y laissent des plumes. Une grande reporter s’est éteinte cette nuit. Je veux bien sûr parler de Super Nanny.

Car, elle l’a prouvé, il n’y a pas forcément besoin de franchir 50 frontières à cloche-pied en esquivant les balles d’AK-47 et les coussins péteurs pour contempler la misère humaine. Cette misère est comme le nain le plus célèbre de la planète France : elle passe partout. Même chez vous. Elle serpente à travers les rues le soir venu, glisse dans votre lit et vous transperce le slip quand vous vous y attendez le moins. A moins que je confonde avec Carla Bruni.

Le Péril Jeune

En tout cas, la misère, elle vous tombe dessus un jour ou l’autre. Pas d’échappatoire. Tu l’as voulu tu l’as eu. Elle prend parfois une apparence solide, moche, imitation difforme et miniature d’un être humain qui s’exprime par des hurlements supersoniques pour infiltrer chaque parcelle de votre vie.

Achtung, babies.

Cette chose, si vous la laissez faire, ira jusqu’à s’accrocher à vos tétons pour aspirer votre énergie vitale jusqu’à ce que vous en soyez réduit à vous exprimer par des « gililili ouh bibibi ». Certaines solutions ont été testé par le passé : les jeter dans un puit, marcher malencontreusement dessus, les manger avec une pincée de sel, etc. Même Dieu, exaspéré, a tenté de s’occuper lui-même du problème en Egypte ancienne. Et c’est pas tous les jours que Dieu intervient : on attend par exemple toujours qu’il se penche sur le cas de Cristiano Ronaldo. Pourtant, rien à faire : il y a toujours plus de bébés. Il n’y a pourtant pas de craintes à avoir. Cathy, dit Super Nanny, dit Super « Badass » Nanny, a un jour décidé d’aller au coeur du problème afin de les comprendre et surtout les dresser. Pour ce faire, n’ayant vraiment peur de rien, elle a choisi d’affronter les pires d’entre eux : les enfants de beaufs. Les beaufants. Et ça ne va pas rigoler.

Le résultat, c’est une aventure en plusieurs épisodes dans les familles les plus pathétiques que la planète a enfanté. Peut-être même trop pathétiques pour aller chez Delarue. C’est dire. Cathy, forte de son expérience passée dans « les maisons bourgeoises » et les « palais orientaux » (??), n’hésite pas et débarque avec les meilleures intentions du monde. Sa première réaction en entrant dans chaque nouveau cercle de l’enfer est toujours la même :

Je n’ai jamais vu ça.

Life During Wartime

Le schéma est à chaque fois similaire : une mère dépassée, grosse, moche, à bout de nerfs, n’attendant plus que la corde commandée chez M. Bricolage pour se foutre en l’air dans l’indifférence générale. Un père absent intellectuellement qui, une fois qu’il a fait gicler son zob et planté la petite graine, préfère se reposer pour toujours devant la télé, échoué sur son canapé ikéa comme une moule molle sur un rocher . Et dans cette ambiance de famille heureuse, il faut bien sûr des enfants pour compléter le tableau idyllique.

Les enfants dans Super Nanny, rejetons de beaufs, portent évidemment une appellation contrôlée qui permettra pour toujours de savoir de quel milieu ils viennent. Jason, Kévin, Killian, Zely, Ismaël, autant de prénoms qui sonnent comme un coup de fouet sur l’urètre. Les rares familles aisées du programme ne font pas exception : connaissiez-vous par exemple le très sexy nom Athenaïs ?

"Comment ça tu t'appelles Killian ? Tu veux que je t'en colle une ?"

Ces garnements, probablement animés par un insatiable désir de vengeance face aux parents les ayant nommé ainsi, rivalisent donc d’idées et d’actions directes afin de pousser leurs géniteurs à la folie. Ca va du simple refus de chier dans le pot au très étudié lancer de slip sur la tête, future discipline olympique à n’en pas douter. Face à ce déchaînement sans limites, les parents se trouvent vite impuissants malgré beaucoup d’efforts d’éducation puisant dans les techniques les plus abouties.

Cathy a donc fort à faire pour ramener ces démons sur le droit chemin. L’erreur n’est pas permise. On n’ose à peine imaginer ce que ces enfants pourraient devenir en cas d’échec.

Nanny are you okay, will you tell us that you’re okay ?

Heureusement, nous vivons dans un monde où les contes de faits divers finissent toujours bien (= M6). Vous savez déjà tous comment ça se passe : Cathy apprend à Jason que se mettre un doigt dans le cul et puis dans le nez ce n’est vraiment pas cool. Cathy apprend à maman qu’il faut toujours s’adresser à l’enfant « en se mettant à sa hauteur » (à quatre pattes donc). Papa restera de toute façon devant la télé alors on le laissera s’étouffer avec un bretzel, seul. Et c’est ainsi que la famille se recompose, laissant Cathy partir vers de nouvelles contrées remplies de gens très cons (contrées, très con, humour). Chaque épisode se termine de la même manière, dans un déluge lacrymal sur fond de James Blunt qui aboutit sûrement backstage à une partouze pédophile où l’émotion sera reine.

"Suck on this, y'all."

Mais la question se pose maintenant. Si Cathy n’est plus là, et on la regrette effectivement déjà plus que Pascal Sevran, que va-t-il advenir de nos chères progénitures ? L’équilibre déjà léger de notre pays va-t-il tomber à la renverse ? Je vous vois déjà imaginer une armée de chiards arborant un mullet débarquer chez vous pour vous violer. Encore une fois, permettez-moi de vous rassurer, c’est mon métier. Souvenons-nous des enseignements de Super Nanny. Il y a toujours une solution.


We can’t have them gallivanting up there like kangaroos, can we ?
(Mary Poppins)

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4 commentaires

  1. « Hooooh Bidouiiiiiille »
    « C’est le fantôme ? »
    « C’est le fantôooooomeuh ! »

  2. Cette misère est comme le nain le plus célèbre de la planète France : elle passe partout.
    Joli

  3. Vincent, je suis fan de votre bagou, même si je n’adhère pas à toutes vos idées et que la plupart de vos commentaires sont mortifiants. Ah ouais.

    I’ll be back.

    *Note pour plus tard : trouver un autre prénom pour ma fille à naître, même si celui que j’ai choisi me plaît. Et appliquer cash les conseils de Super Nanny pour ne pas que mon bébé ne devienne un monstre kamikaze en couche-culottes*

  4. Coucou le site.
    Très excellent article comme d’habitude. Continuez encore c’est un plaisir de vous lire.
    A très bientot et une bonne année 2011 !


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