La Culture Francophone à Travers 20 Chansons : l’Exception Culturelle (Chapitre Premier)

French Connection

Friedrich Nietzsche, un soir de beuverie où il se sentait particulièrement inspiré, a décrété que la vie sans musique serait une erreur. Il n’aurait peut-être pas tout à fait tenu le même discours s’il avait vécu en France ces trente dernières années.

"Putain ça c'est clair."

En ces temps de débat houleux sur l’identité nationale et les immigrés à casquette, il est de toute évidence important que Dawn apporte sa pierre à l’édifice, car Dieu sait que notre avis compte. Alors toi, étranger venu d’ailleurs, sache qu’avant de te croire chez toi il faut comprendre la culture française. Je vais donc t’aider à répondre à ces questions qui te hantent : comment briller dans un dîner de société ? Pourquoi rigole-t-on de nous durant les sommets internationaux ? Qui est ce Eric Besson qui frappe à ma porte ? Y a-t-il une vie après Edith Piaf ? Tu ne vas pas tout découvrir ici et maintenant, l’exhaustivité ne nous intéresse pas et de toute façon il faut bien garder des sujets pour de futurs articles. Nous ne ferons qu’effleurer ensemble, main dans la main, un pan indispensable à notre patrimoine : la musique. Alors si tu es venu chercher vingt chansons qui te permettront à n’en pas douter de commencer l’ascension d’une montagne qui n’atteint jamais des sommets, quelle chance ! C’est exactement ce que je te propose. Si tu es venu dans l’espoir de voir des femmes nues, reste quand même, on ne sait jamais.

20. Herbert Pagani – A La Bonne Franquette

Commençons logiquement par nous mettre dans l’ambiance. L’ambiance franchouillarde pour être précis. Tu n’es pas sans savoir que nous avons dans ce pays la cuisine la plus raffinée de l’univers, que l’on aime exhiber lors de longues soirées de gavage. C’est cette atmosphère que Herbert Pagani capture dans la pièce d’orfèvrerie qu’est A La Bonne Franquette, ce sentiment incontournable des fêtes entre voisins dans la France profonde et consanguine. Des moments de partage où le vin se mêle à la bière, qui se mêle à l’andouillette avant que le tout ne finisse sur la moquette (poésie). Du romantisme poisseux comme on n’en fait plus dans les métropoles. Musicalement, ça suit la cadence : un mur d’accordéons qui sent bon le bal musette sur la place du village et qui ne manquera pas d’enclencher un mouvement de tête chez les gens vieux. Mais Herbert Pagani sait aussi glisser une pointe de mélancolie pour quelques mesures larmoyantes (« allez Gilbert, à la prochaine »), avant que la lueur d’espoir ne brille à nouveau dans un crescendo wagnérien que n’aurait pas renié Michel Sardou. On n’a probablement jamais été aussi proches du gospel.

19. Didier Barbelivien feat. Felix Gray : A Toutes les Filles

19ème place, et déjà le nom de Didier Barbelivien apparaît. Didier Barbelivien n’est pas n’importe qui. En effet, sans lui, la France ne serait pas la même ; elle serait à coup sûr bien moins ridicule. Sache que Didier n’est pas un simple compositeur de merde : il est la merde. Il en est l’alpha et l’omega, tout commence et s’arrête avec lui (on peut rêver). On lui doit une énorme majorité des atrocités qui envahissent nos chaumières depuis des décennies. Autant de pépites dont les noms évoquent un paradis perdu de la pop frenchie : Il Tape sur des Bambous, Elle Préfère l’Amour en Mer, le Tam Tam du Vent, et bien d’autres dont un paquet avec Sardou. Comment ne pas également citer Allo à l’OVNI, apothéose totale de la chanson science-fiction (?!). Quelque chose me dit que l’on recroisera Didier dans ces lignes.

Now you will experience the full power of the dark side.

A ses côtés, Félix Gray, fidèle collaborateur (mot à ne pas utiliser n’importe comment en France). Héritier de la tradition des noms de couleur (James Brown, Barry White, Al Green, Félix Gray), tu pourras comprendre qu’il ait choisi un pseudonyme quand on sait qu’il s’appelle en fait Félix Boutboul. Didier et Boutboul forment un duo digne des meilleurs buddy movies : le spermatozoïde à la chevelure fuyante et le beau ténébreux au strabisme perçant. Ils se font donc ménestrels de l’amour, car n’oublie pas que les Français ont aussi inventé l’amour. Ces deux bonhommes sont également à l’origine de pensées philosophiques telles que « Il faut laisser le temps au temps. » Phrase intrigante, mais qui n’explique pas la présence d’un cow boy dans le clip d’A Toutes les Filles.

18. Bénabar : Le Dîner

Impossible de parler de chansons françaises sans passer par la case « nouvelle scène française ». Malheureusement. Contrairement à ce que son nom indique, ce style n’est pas un équivalent de la new wave, mais consiste en fait à faire exactement les mêmes choses qu’il y a 40 ans. Autant suivre leur exemple, ne pas s’emmerder, et choisir directement le plus populaire des chanteurs populaires du moment : Bénabar. Ce jeune homme, qui n’a aucun lien avec Uncle Ben’s ou Babar, a su charmer son public grâce à sa propension à parler des problèmes du quotidien avec une légèreté digne d’une flatulence discrète de Nadine de Rotschild. Des textes à l’humour ravageur et subversif dont les foules ne se lassent pas. Mais la Bénabar’s touch, c’est aussi une vacuité musicale presque vertigineuse. Une voix inexistante, une batterie qui fait « poum poum », une guitare qui fait « swiff swiff », une trompette qui fait « pouet pouet », le tour est joué vous avez un tube. Le Dîner est l’exemple presque parfait de cette débauche de rien, avec, histoire d’en rajouter dans l’horreur, un refrain qui ne manquera pas de te hanter la nuit pour peu que tu l’ai entendu une fois. Dans la catégorie « nouvelle scène », on aurait pu aussi bien parler des indélébiles tâches que sont Grégoire, Vincent Delerm, Stanislas, Cali ou encore une centaine d’autres. Mais je ne tiens pas à faire fondre mon cerveau.

Note : sache qu’il est interdit de détester Bénabar tant que tu es à l’intérieur de nos frontières. Tu devras donc apprendre à l’aimer, sous peine que l’on te rétorque « mais il est trop sympa Bénabar, c’est sympa ce qu’il fait toi t’es vraiment pas sympa. »

17. Vegastar : 100ème Etage

Vegastar est un groupe qui a été vite oublié. A raison ? Certainement. Mais il faut rétablir la vérité : cinq ans avant l’explosion Mozart : l’Opéra Rock, Vegastar amenait déjà le style emo dans nos contrées. Des précurseurs, incompris en leur temps comme tout grand artiste qui se respecte. Peut-être trop extrêmes dans leur approche, ils donnent le ton dès les premières secondes du clip. Descendants de la tradition des auteurs « à fleur de peau » et torturés, chaque instant pourrait être un hommage vibrant à Baudelaire ou Sade. Ils démontrent notamment une étrange habileté à mouvoir leurs mèches improbables dans tous les sens, le mascara coulant sur leurs joues à chaque saut façon « on est un groupe de rock trop dark hihi la vie c’est dur et ma bite aussi :,(« . Seul le bassiste avait oublié d’être 100% torturé ce jour là, comme le prouve son polo à rayures vraisemblablement tricoté par mémé. Mais il faut bien faire face à la vérité : 100ème Etage est une chanson composée dans le seul et unique but d’humidifier les culottes des adolescentes perturbées. C’est en quelque sorte le Twilight de la chanson française. Attention, amie lectrice, la vision du chanteur en train de sucer son micro pour beugler des paroles à base de « percer le grand (gland ?) mystère » tout en réinventant la danse des canards peut se révéler une expérience troublante pour ton petit coeur fragile.

16. Jean-Luc Lahaye : Papa Chanteur

On parlait justement de petites culottes d’adolescentes. S’il y en a un qui est spécialiste en la matière, c’est bien Jean-Luc Lahaye (of the tiger). En effet, ce n’est un secret pour personne, ce grand artiste appréciait le contact avec des collégiennes de 14 ans dans ses clubs (depuis fermés pour cause de trafics louches). Il a également été animateur sur TF1 pendant un an, ce qui représente peut-être un crime encore plus important. Mais bien des années avant d’enfiler de la chair fraîche, il criait déjà tout son amour pour le bas-âge dans une comptine touchante qui, à n’en pas douter, fut à Marc Dutroux ce que les Beatles étaient à Charles Manson. Ce morceau est définitivement un classique aux paroles incroyables de justesse et de réflexion sur le fait d’être parent : « papa chanteur, maman douceur, pleure pas bébé bonheur ». Alors que son ensorcelante voix pénètre ton âme, des choeurs si subtils tout droits sortis d’une pub pour adoucissant ne manqueront pas de te propulser en enfance. Une enfance un peu particulière si elle comprend Jean-Luc en slip qui danse autour du berceau, mais qui sommes-nous pour juger ? La vidéo qui suit montre notre héros en plein come back triomphal, bien échancré dans son perfecto en cuir so 80’s. Il offre une performance émouvante à ses fans, et montre que malgré son âge galopant, il reste un charmeur expérimenté qui sait toujours faire fondre les femmes. Avant de vite passer à leurs filles.

15. Gilbert Montagné : Sous les Sunlights des Tropiques

Attention, maintenant on touche à une figure historique. Gilbert Montagné est l’un des grands mythes modernes, et le succès de Sous les Sunlights des Tropiques y est pour beaucoup. Gilbert est le Stevie Wonder français. Tout simplement. Il lui a tout volé, à part la couleur, mais les couleurs il ne sait pas ce que c’est. Le concept du chanteur aveugle n’est donc pas nouveau ; Gilbert s’est contenté de l’adapter à notre mauvais goût légendaire. Il a aussi redonné un coup de fouet (hmm) au légendaire balancier droite gauche de la tête si cher aux aveugles, le mélangeant avec une frénésie dansante légèrement perturbante. Cet incessant mouvement de pendule n’a pas manqué d’hypnotiser les consommateurs qui se sont à l’époque empressés de porter cette nouvelle idole tout en haut des charts.

Mais on ne fait pas un succès uniquement grâce à des techniques avancées de manipulation psychique. Non, les Français sont bien trop malins (c’est faux) pour s’y laisser prendre si facilement. Histoire d’assurer ses arrières, Gilbert s’est adjoint un coéquipier de choix : Didier Barbelivien. Oui, car c’est lui la seule assurance du tube intemporel. Notre compositeur de génie va donc offrir à notre petit aveugle une de ses spécialités, l’éloge des vacances (la vie de Didier étant un congé intellectuel sans fin), qui aujourd’hui évoque au peuple un temps béni où l’on pouvait aller danser avec les indigènes au bout du monde sans nécessairement faire partie du gouvernement. Le clip n’est pas en reste : un remake des dix dernières minutes de 2001 : A Space Odyssey, un voyage dans le cosmos avec l’addition d’un Gilbert surexcité qui se défoule sur des tams tams en sautillant comme un petit diablotin sur ressorts. C’est donc mieux que chez Kubrick.

14. David Charvet : Should I Leave ?

Daviiiid Charvet est la preuve qu’en France aussi, on sait faire des stars internationales. Avant de révéler son intelligence machiavélique dans La Ferme Célébrités, le jeune David s’est fait connaître au début des 90’s en courant le long des plages vêtu d’un short moulant rouge. Une façon comme une autre d’asseoir sa crédibilité artistique. Mais, lassé du monde impitoyable d’Hollywood, David décide de revenir en France pour prêter ses pectoraux humides à un univers différent ; tu l’auras compris si tu as un cerveau, l’univers de la chanson daubesque. Il échange donc le short contre le pantalon de cuir (moulant aussi, quand on aime être compressé c’est pour la vie) et s’en va guilleret gravir les échelons de la gloire. Mais avant d’arriver au top, il fallait trouver un compositeur, car David ayant à peu près autant de QI que son short, il ne peut pas écrire une chanson. Oh malheur, Didier Barbelivien était alors trop occupé à nager dans ses montagnes d’argent. Que faire ? Notre aventurier allait-il baisser les bras ?

"Ah ben si je baisse les bras elle va tomber."

Ce serait bien vite oublier Felix Gray Boutboul, mon ami. Car le compagnon de Barbelivien connaît lui aussi la formule d’un tube, et va donc se poser en sauveur. Voyant sûrement en David Charvet son fils spirituel, il lui compose une ballade en franglais dont les paroles ne pouvaient provenir que d’un être sans la moindre dignité :

J’ai marché dans le couloir, j’ai ouvert la porte
J’ai touché ton foulard, j’ai joué quelques notes
Sur le piano blanc au milieu du salon
J’avais pas la musique, t’as écrit la chanson
Y avait comme une lettre mais qu’était pas pour moi
Je me suis dit peut-être, je la lirai ou pas
Je l’ai lue, j’aurais pas du je crois
Faudrait jamais rentrer chez toi sans toi

Oui, ce texte au parfum trisomique peut se prêter aux moqueries. Sauf que, quand David la chante de sa voix d’adolescent un peu bête, la magie fonctionne. Toi aussi, tu sentiras ton coeur chavirer devant une telle démonstration d’innocence, tu prieras pour qu’un secouriste en short vienne te sauver de ces flots de tendresse. Malheureusement pour David, il sombra bien vite, emporté sans sa bouée par les courants impitoyables d’un public dont le mauvais goût est aussi changeant que la marée. He should have left. Daviiiid !

13. K-Maro : Histoires de Luv

Continuons notre découverte de notre côté international. En France, je vais te dire, on n’aime pas trop les américains. Ils sont moins biens que nous. Mais afin de prouver qu’on peut être très ouverts, on est tous devenus fans d’un certain K-Maro. Et c’est as american as we’re willing to get, madame.

Qui est ce K-Maro ? Il est l’enfant de la mondialisation. Au départ, il n’y avait que Cyril Kamar, petit libanais expatrié au Canada, pays connu pour sa capacité incroyable à nous refiler toutes ses merdes. Lassé des moqueries de ses camarades (« quand y a Kamar, y a Malabar »), Cyril, seul dans son lit douillet, décide de s’inventer une nouvelle personnalité. K-Maro, rapper gangsta libano-québecois est né et vient nous envoûter avec son flow. Son truc, lui aussi, c’est le franglais. Il le pousse dans ses derniers retranchements. Le meilleur exemple de ce cocktail un peu dangereux est sans aucun doute son chef-d’oeuvre, Histoires de Luv (que l’on peut trouver dans l’album La Good Life, aux côtés de Femme Like U). Le clip est très révélateur de la volonté désespérée de K-Maro de s’acheter un charisme en faisant « comme les américains ». Tout y passe. Les jets privés, les valises explosives, les armes en plastique, les manteaux de fourrure deux fois plus épais que K-Maro, les putes deux fois plus grandes que K-Maro. Le tout accompagne fort bien ce texte mystérieux que notre gangsta débite de son inimitable voix incompréhensible, rappelant parfois le doux don d’un raclement de gorge précédant une glaire.

lol.

C’est du gangsta love a son meilleur
C’est la guerre des go, la loi d’honneur
Personne, no son, confiance, so
Pas cheating, pas de films, pas de danse, so
Girl si t’es ready let’s go,
Je te prends sous mon aile, et si t’es gênée, let go
Je te ferai voir, ce que tu n’as jamais vu
Je te ferai croire, ce que tu n’as jamais cru, yo my baby
Et tu traînes avec le best, parce que t’es my baby
T’inquiètes pas pour le reste, si t’es ma baby
La vie est plus facile avec un peu d’oseille
T’inquiètes pas girl, la tienne ne sera plus jamais la même

Malheureusement pour K-Maro, et malgré tous ses efforts presque touchants (notamment les « uh, guess who’s back, UH » façon DMX très enrhumé), il n’a toujours pas compris qu’il avait autant de crédibilité en gangsta que Carla Bruni en première dame. N’abandonne pas tes rêves, petit Cyril, n’abandonne pas…

12. WhatFor : Plus Haut

La télé réalité est un concept formidable. D’où que tu viennes dans le monde, tu sais de quoi je parle. Si on veut parler des merdes que nous ont pondus ces émissions, il y a le choix. Mais s’il n’y avait qu’un groupe à retenir, ce serait définitivement les WhatFor. Et non pas les Lofteurs.

What for ? On peut effectivement se demander la raison profonde d’une telle catastrophe. Certains préfèreraient occulter ce passage de nos livres d’Histoire, mais parler de ces artistes / chanteurs / gens (rayer les mentions inutiles), c’est effectuer un travail de mémoire indispensable afin que ça ne recommence jamais. N’oublions pas qu’un jour, un jury de professionnels – tout est relatif – a consciemment sélectionné ces quatre jeunes en espérant qu’ils connaissent le succès. Ne leur jetons pas totalement la pierre : cette émission a aussi lancé la carrière de Chimène Badi, sur laquelle je ne dirai rien de mal car je n’ai pas envie qu’elle me roule dessus.

Revenons donc aux WhatFor : Cyril, Erika, Monia, et l’autre. Que s’est-il passé ? Une direction artistique de toute évidence beaucoup trop avant gardiste qui n’a pas su toucher un public pas préparé à de telles expérimentations. La victoire indiscutable des Whatfor, c’est d’avoir surpris. Tout le monde s’attendait à de la merde, mais personne ne s’attendait à ce que ça aille aussi loin. Rien n’est réussi : le chant est tellement faux que ça en devient miraculeux et l’instru visiblement composée par un enfant de cinq ans sur un bontempi. Evitons de parler de leur charisme qui n’évoque guère plus qu’un oiseau noyé dans du mazout. Ce n’est même pas une éventuelle garage pop, c’est directement de la cimetière pop où tout se retrouve dans un état de décomposition avancée. Alors je le demande : comment ne pas les adorer ? Ils sont si proches de nous, rassurent les gens sans talent et osent aller, contrairement à ce qu’ils clament, plus bas. Plus bas que tout. Quoique, on n’en est qu’à la 12ème place.

11. Laurent Voulzy – Belle-Île-En-Mer Marie-Galante

Après toutes ces émotions, il serait judicieux de t’accorder un moment de paix. Il est donc temps d’entrer dans le monde de Laurent Voulzy. Laurent Voulzy, pour les français, c’est le symbole absolu du voyage, de l’ailleurs, du soleil et de l’eau azur. Ce petit miracle est né en 1948 dans le 18ème arrondissement de Paris. Alors oui, effectivement, on a fait plus tropical comme île que l’île de France. Mais ne sois pas aussi terre-à-terre, c’est déjà beau qu’on accepte un bronzé dans nos charts.

Laurent Voulzy a passé sa carrière à tenter de nous anesthésier. Il est donc déconseillé d’écouter une de ses chansons si tu as peur de tomber dans un coma profond, ou si tu es déjà sous valium. Mais si tu fais preuve de courage, tu découvriras une dimension parallèle de toute beauté. Laisse Laurent te bercer, et ces mots résonner dans ton esprit :

Belle-Ile-en-Mer
Marie-Galante
Saint-Vincent
Loin Singapour
Seymour Ceylan
Vous c’est l’eau, c’est l’eau
Qui vous sépare
Et vous laisse à part
Moi des souvenirs d’enfance
En France
Violence
Manque d’indulgence
Par les différences que j’ai
Café
Léger
Au lait mélangé
Séparé petit enfant
Tout comme vous

Je te sens sceptique. Il est vrai que Laurent n’a pas son pareil pour associer des mots, des idées, sans la moindre considération pour la logique la plus basique ou la notion de syntaxe. Laurent est au-dessus du concept de « phrase », il écrit comme il pense, et il ne pense pas tellement. Mais si tu t’abandonnes à sa musique si particulière (Seymour Ceylan je sais pas, mais c’est mou c’est lent) et sa voix douce comme une fesse de bébé, tu accèderas alors à un niveau de conscience supérieur. Le monde qui t’apparaîtra alors a la couleur du pull de Laurent et la consistance d’un yaourt, que dis-je, d’un fjord. Un voyage transcendantal à travers les nuages, à travers les vents et les mers, les îles et les deltas. Cette aventure mystique te conduira aussi loin que Belle-île-en-Mer, qui je le rappelle se trouve en Bretagne. Exotisme, quand tu nous tiens…

C’est sur ce petit instant de bonheur que je te laisse à tes occupations, étranger. Sois gentil, ne viole pas nos enfants et ne brûle pas nos voitures en attendant la suite.

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