La Culture Francophone à Travers 20 Chansons : l’Exception Culturelle (Chapitre Deuxième)

French Touch

Tu es donc encore là, étranger. C’est pas faute d’avoir essayé de te convaincre de fuir au plus vite. Mais apparemment ça ne t’a pas suffit. Je vois bien comme tu es. « Ce ne sont que des chansons, quel risque peut-il y avoir ? » Détrompe-toi, pauvre fou. Ecoute, c’est bien d’essayer de te prouver quelque chose, mais on ne t’en voudra pas si tu abandonnes maintenant. Tu n’as pas été créé pour subir tout ça. Je sens que, malgré tout, quelque soit le prix à payer, il te faut percer le mystère de la France. Ce sera un voyage sans retour, peut-être que l’on te retrouvera bientôt la corde autour du cou, et ce ne sera pas la faute à un jeu sexuel. Car on entre dans le top 10. Les 10 marches de l’échafaud. Chaque fou qui s’est engagé sur cette route y a laissé une part d’innocence. C’est donc le moment de montrer que tu as des tripes.

Allez maintenant on y va

10. Diam’s feat. Vitaa – Confessions Nocturnes

Etant un bon citoyen hype, la cause féministe me tient énormément à coeur, je dois le dire. Pour preuve, je me masturbe régulièrement devant mon poster d’Elisabeth Badinter. C’est donc naturellement que je suis devenu fan de Diam’s, qui est la représentation parfaite de la chienne de garde telle qu’on se l’imagine étant enfant : la grâce d’une danseuse étoile alliée au physique d’un camionneur. Confessions Nocturnes, c’est l’accomplissement de la carrière de cette artiste qui transcende – littéralement – les genres. Détrompe-toi si tu t’attends à une simple chanson; c’est avant tout l’histoire d’une tragédie. Diam’s lève le voile sur la souffrance du sexe faible.

Ambiance film noir (aucun rapport avec Spike Lee). Mel (Diam’s, touchante) pensait pouvoir passer sa soirée tranquille dans son petit loft de 200m2, à manger des burritos devant une comédie romantique avec Hugh Grant. C’est alors que le destin frappe à sa porte, et il a revêtu l’apparence d’une « sex bomb r’n’b » montée sur échasses, Vitaa, ici dans le rôle de « Vi ». La tension est déjà palpable. Quel mystère fait donc souffrir cette jeune fille délicate au timbre d’ange constipé ?

« Mon mec se tape une autre femme, wéééééé ! »

Et c’est l’explosion symphonique. Il n’en faut pas plus à Diam’s pour se transformer en bras armé de la justice. Elle embarque dans son escapade Vi, qui à part hurler ses doutes sous la pluie et sous une bonne couche d’autotune, ne sert définitivement pas à grand chose. Après avoir détruit la BMW de l’ennemi (symbole de la castration par excellence), nos Laurel et Hardy de l’extrême déboulent donc chez « une autre femme wééé ». Diam’s, jusqu’ici plutôt posée, en oublie sa bombe lacrymogène et va simplement user de son flow mitraillette afin de remettre à sa place un pauvre garçon impuissant. Un pamphlet à la cause des femmes devant lequel moi et mon pénis ne pouvons que nous incliner.

MAIS FERME TA GUEULE TOI AUSSI
Regarde toi t’es en calçif putain !
Tu fais le miskine mais tu viens de briser mon amie, OW !
T’es pas un homme t’es qu’une victime t’as un problème avec ton slip ou quoi ?

Cette vasectomie express marque la fin de l’acte trois. Mais comme on est dans une structure Shakespearienne (Diam’s connaît ses classiques, à part le Bescherelle), ce déchaînement de violence qui n’a pas manqué de te clouer à ton fauteuil n’est là que pour te mystifier, car le vrai final, tout en subtilité, arrive. En effet, après l’intervention musclée du duo, on pouvait s’attendre à ce que les oiseaux chantent, justice étant rendue. Ce serait sans compter sur l’insoutenable légèreté des hommes. Mel, toute fière de son discours et toujours on fire, passe le trajet du retour à raconter à sa camarade ses innombrables (et probablement imaginaires, soyons sérieux) histoires de coeur qui finissent bien. Et c’est l’heure du choc final, le moment où le petit coeur de la petite grosse éclate en petits morceaux alors que l’autre barbie n’en peut plus de s’égosiller dans le vent. La morale de cette histoire, jeune fille, c’est qu’il faut toujours tracer ton petit ami au GPS et pirater son adresse e-mail. Car autant le reconnaître : nous les hommes sommes des êtres perfides. Alors si en plus on est français…

09. Moos – Au Nom de la Rose

Après Diam’s et Vitaa, Moos. La question se pose : pourquoi nos artistes choisissent-ils tous des noms de déodorant, sachant qu’ils sentent pourtant mauvais ? Mais le rapport entre Diam’s et Moos s’arrête là. En effet, on quitte l’univers peu rassurant des ceintures de chasteté pour découvrir les soirées libertines. Ah, je vois que ton oeil pétille. Si tu es en France, c’est que tu as entendu parler de nos exploits sexuels et notre appétit pour la chair. Moos est l’archevêque de cette église du péché. Il est le Tony Hawk du kama-sutra. Le Zeus de la zigounette.

Par contre, ce qu’il n’est pas, c’est chanteur. On ne peut pas tout avoir, comme ils le disent si bien au Darfour. Non, Moos, il ne chante pas : il susurre, gémit, bave de plaisir sur son pyjama. Chaque petite tentative d’aller chercher une note un peu haute (ou une note tout court) se solde par un échec cuisant (« reviens sur terre oooh me redonner le goût du sel »).  Heureusement, la magie fonctionne grâce à cette musique orchestrale de film porno parsemée de « wouwouwou » electro à la puissance évocatrice évidente. Sans parler de la plume de Moos.

Je ne parle pas ici de la plume qu’il aime insérer dans ses orifices lors de soirées échangistes toulousaines, mais bien de ses talents d’écriture. Il n’hésite pas à explorer les travers de la psyché libertine, quitte à aller trop loin. Moos pousse les choses à leur maximum – oui, j’étais obligé de faire le jeu de mot « moos pousse »  – comme dans son autre single « Délicate Chatte », également issu de l’album « Le Crabe est Erotique » (?!! nonsense alert ?!!). Tout en finesse et en velouté, il multiplie les références à l’anatomie génitale plus ou moins drapées dans des métaphores masturbatoires  :

« Habite leur corps, tu as les plus belles croupes que j’ai posé sur un lit de cristal »
« Matérialise-toi dans un moule de chair »

Visiblement assez fier de lui, il se met en scène dans un clip à l’écrin flamboyant, rendant un hommage direct aux nuits chaudes du cabaret SM El Mexicano Kiki, lieu de partage où l’on peut admirer chaque jeudi Fréderic Mitterand faire sa fameuse danse de l’hélicoptère. Moos, coiffé d’un béret prouvant qu’il est bien français, se prélasse sur son fauteuil en misant tout sur le magnétisme animal de son regard de caniche. Situation que Mozart et son assasymphonie ne se sont pas privés de plagier, en oubliant tout de même un ingrédient essentiel : le cul.

08. Francky Vincent – Tu Veux Mon Zizi ?

De la croupe, on passe au pénis. Il y a de la logique là-dedans. Et quel meilleur représentant de cet organe que l’immortel Francky Vincent ? S’il y en a un qui n’oublie jamais le cul, c’est lui. Surnommé à ses débuts Docteur Porno ou Zoukeur X (aucun rapport avec celui-là), il est dans les années 80 le chanteur borderline à ne pas manquer. Il domine un genre musical qui te fait secouer ton booty et sent bon le soleil et les ananas. Contrairement à Laurent Voulzy, Francky est un vrai guadeloupéen. Il a donc ce mystérieux pouvoir qui lui permet d’attirer à lui des milliers de femmes rien qu’en leur racontant des fables traditionnelles où se rencontrent les figures fantasques que sont les étalons, les lolos et les maillots de bain. Si Carlos avait déjà joué dans la catégorie musique des îles (souvenons-nous de Rosalie, et son clip qui tient encore la dragée haute à Sabrina), Francky est beaucoup plus grivois que le gros tas et rencontre vite ce qu’il appellera le « succsèxe ». Comme tous les autres chanteurs de notre beau pays, il disparaîtra ensuite. Mais, rebondissement inattendu, il fait son grand retour en 2009 avec le tube Tu Veux Mon Zizi, que des gens ont acheté. Oui, des gens ont donné leur argent pour avoir une trace éternelle de ce moment historique. Crise économique ? Haha !

L’explication ? Peut-être que les gens stressés et lassés de leur ville grise ont trouvé en Tu Veux Mon Zizi un moyen de voyager vers une plage qui ne se trouve pas en bord de Seine. Peut-être que le clip, variante sexy (si) d’une pub de jus de fruits sous acide, a su impressionner les foules grâce à ses effets spéciaux élaborés sur Paint. Peut-être que la prose toujours intacte du Zoukeur X fait toujours mouche et rappelle aux gens qu’ils ont eu, dans une autre vie, une libido.

Viens ce soir dans ma bicoque 
Toi la poule et moi le coq 
Viens ce soir dans ma villa 
Tu verras, tu reviendras

Tu veux mon zizi ?
oui oui oui oui 
Je vais te le donner 
oui oui oui oui

Viens ce soir dans ma casbah 
Tu en resteras baba 
Viens ce soir dans mon bungalow 
Me faire voir tes gros lolos 
Viens ce soir dans mon tipi 
Tu verras mon ptit kiki

Peut-être que, plus simplement, les français veulent le zizi de Francky Vincent.

07. Grand Corps Malade – Les Voyages En Train

Bon maintenant ça suffit. Ce fut un bonheur de parler de sexe en ta compagnie, mais l’heure est grave. Le monde va mal. Les temps, comme les oeufs, sont durs. Comment peux-tu supporter la peur, la mort, l’injustice, Mireille Matthieu ? Le suicide peut sembler la solution la plus efficace pour crier ton désespoir à la face du monde. Moins radical, il y a aussi la possibilité d’écouter un CD de Grand Corps Malade. Même si l’un n’empêche pas l’autre.

Cet homme n'a rien à voir avec Francky Vincent.

Grand Corps Malade est à la musique ce que France Telecom est au monde du travail. C’est insoutenable. Ecouter une chanson de Grand Corps Malade (une suffit, ce sont toutes les mêmes), c’est créer un vortex qui redéfini les lois de la physique et la pesanteur. Sache que la France est le plus gros consommateur d’antidépresseurs en Europe ; c’est parce qu’ils n’ont pas encore exporté Grand Corps Malade. Pourtant, il n’a pas l’air méchant, comme ça. A peine un simple sosie de la créature de Frankenstein, 50% homme 50% béquilles. Fan absolu de l’irrésistible film Air Bud, il rêve de devenir un grand sportif, rêve détruit le jour où il se rétame dans une piscine après un plongeon et perd l’usage de ses orteils. Il se découvre alors une nouvelle passion : non pas le slam, mais les transports en commun. Ca l’obsède. Symbole de la vie, de l’amour, Malade (appelons-le par son prénom) aime le transport et se plonge des heures dans la littérature des sites de la RATP et de la SNCF. Certains l’auraient même aperçu déambulant dans les couloirs du métro, caressant les rails de son bras en métal. Cette l’influence se retrouvera dans, par exemple, l’ode épique aux horaires qu’est Midi 20. Car Malade a vite découvert qu’il reprenait goût à la vie en déprimant les autres, et s’est donc transformé en prozac humain.

Car niveau joie de vivre, à côté de Malade, Leonard Cohen c’est Casimir. Bon, niveau style, à côté de Malade, Casimir c’est Leonard Cohen. Mais c’est pas comme si on se souciait du talent en France. Ca se saurait. On préfère largement l’émotion brute, et elle se retrouve dans les pensées profondes qui forment la colonne vertébrale (lol !) de la chanson Les Voyages en Train. Une chanson de 2min57. C’est quoi, 2min57 ? A peine le trajet de la station Olympiades jusqu’à la Bibliothèque François Mittérand, en dehors des heures de pointe, te répondrait Malade. Peu de choses, répondrait le citoyen lambda.  Et pourtant, cette chanson paraît durer une éternité. Ah, c’est sûr, il a réussi à retranscrire la longueur et la chiantise absolue des voyages en train. Laisse toi emporter par ce petit piano aussi bondissant qu’un cadavre, et cette voix de zombie qui te dicte des pensées profondes selon lesquelles « l’amour, c’est comme les voyages en train ». « La prochaine fois, tu prendras le bus. »

Pour beaucoup la vie s’résume à essayer d’monter dans l’train
A connaitre ce qu’est l’amour et s’découvrir plein d’entrain
Pour beaucoup l’objectif est d’arriver à la bonne heure
Pour réussir son voyage et avoir accès au bonheur

On attend avec impatience ses prochaines chansons, « Les Bateaux, Ca Vogue Sur l’Eau » et« L’Avion, c’est Comme Une Euthanasie dans le Ciel ».


06. Johnny Hallyday – Tous Ensemble

Il ne peut y avoir de top de la chanson française sans Johnny Hallyday. C’est le héros national. Même s’il est belge. Si la Terre tourne autour du soleil, la France tourne autour de Johnny. Il est notre lumière. Quand Johnny a mal au cul, c’est un problème de sécurité nationale. Si tu veux t’intégrer, tu n’as pas le choix : tu devras devenir fan de cet homme, c’est écrit dans la constitution, édition 2007 Sarkozy’s cut.  Cet homme ? Non, cette légende.

In Johnny We Trust.

Si tu veux vraiment t’intégrer, en plus d’être fan de Johnny, il te faudra devenir fan de football. Le football, c’est comme le cheval, c’est génial. Notre vie n’aurait pas de sens sans ce sport. Disons même qu’elle n’aurait pas de but (rires enregistrés). Moi-même, je suis un grand amateur. Je suis fasciné par ces surhommes en short, qui font de leurs pieds des instruments du divin et réunissent les peuples dans des jeux du cirque à l’échelle mondiale. Oui, le foot, c’est la vie. Pour preuve, le seul moment de l’Histoire où notre pays a été uni, c’était en 1998, quand nous (oui, nous) avons été champions du monde.

La France souhaitait donc naturellement réitérer l’exploit en 2002. On y croyait. Nos coeurs brûlaient d’une passion invincible. On a donc mis toutes les chances de nos côtés. Johnny, ce dieu, aidé par Catherine Lara, Thierry Eliaz, Adrien Blaise et un certain Michel Sanchez (qui se revendique humblement de Chick Corea et Herbie Hancock), nous offre donc une chanson pour motiver les bleus, motiver la France, motiver le monde. Car il fallait évidemment quatre compositeurs pour parvenir à créer un trou noir sonore tel que Tous Ensemble.
Tu connais peut-être l’histoire : l’équipe de France s’est très rapidement pris une branlée et a été éliminée.  Bon. Il nous reste donc le chef d’oeuvre jazzy de Johnny. Tous Ensemble, qu’est ce que c’est ? Un hymne. Un retour aux sources de ce qui fait de la France une grande et belle nation, et du même coup un retour aux sons midi de la game boy. La Marseillaise du nouveau millénaire, mélangée au souffle épique d’un Born to Run francophone. Johnny apparaît dans le clip tel qu’il est : une statue, immobile, tout droit sorti du musée Grévin et dont le seul semblant de mouvement se résume à un battement du rythme avec le talon. Derrière lui, des images de l’équipe de France en plein effort, des ballons qui volent dans les cieux, des écrans qui explosent. Une larme coule sur ma joue devant un tel déferlement de symboles. Et Johnny résume si bien notre rapport avec les footballeurs : La France est à vos pieds.


05. Carton Rouge – La Troisième Mi-Temps

Poursuivons donc dans l’ambiance football, car il faut bien ça pour que tu comprennes comme c’est important ici bas. Cette fois, c’est différent. Une fois que l’équipe s’est ramassée la gueule devant le monde entier, qui n’avait pas besoin de ça pour se moquer de la France, que fait le supporter basique en deuil ? Il va taper sur des gens s’il est très con (révélation : il y en a), soit il décide d’aller picoler avant de, probablement, taper sur des gens. C’est ce qu’on appelle la troisième mi-temps. Il fallait bien une chanson pour célébrer ces moments de câlins virils.
Et qui de mieux placé pour la chanter que Thierry Roland ? Thierry Roland c’est un peu l’oncle spirituel de tous les français. On en a tous un comme ça aux repas de famille. Le vieux con à la tronche d’E.T habitué aux dérapages racistes et au cerveau atrophié par son boulot de merde qu’il déteste encore plus que sa femme (ou, dans ce cas, les autres commentateurs). Le boulot de Thierry Roland, c’est de commenter les matchs, mais avant ça, c’est surtout d’apprendre les noms des joueurs. J’aimerais bien voir l’état de tes cellules grises si tu devais te souvenir de centaines de Gourcuff, Sissoko, Cissokho (ne pas les confondre), Toulalan, Ben-Arfa, Boumsong, etc. Thierry, en plus d’être très laid, est donc entièrement conçu pour servir la grande cause du football. Mais ce qui nous intéresse maintenant, c’est donc cette merveille pop sur laquelle il a daigné poser sa voix.

On se souvient tous de La Chanson de Roland, célébrant l’héroïsme chevaleresque. Nous avons ici son descendant. Accompagné d’un gras et d’un noir (on imagine l’effort surhumain de Thierry), le Roland new generation lance donc Carton Rouge. Un boys band avant l’heure, qui ne connaîtra absolument pas le succès avec son titre phare, La Troisième Mi-Temps donc. Dans un univers parallèle étrange et cauchemardesque, Carton Rouge aurait pu être le Run DMC local. Tout est réuni pour nous plaire : le charisme troublant du trio visiblement bien imbibé d’alcool, un fond musical qui pourrait bien être un sample d’une merde inédite de Didier Barbelivien, et le flow plein d’attitude de Thierry Roland. C’est un peu l’équivalent 80’s de A La Bonne Franquette; on y retrouve cette description quasi documentaire de la cuite, rituel religieux qui tient à coeur à tout bon français et qui peine pourtant encore à trouver sa place sur Discovery Channel. Car le seul sport dont on parle vraiment ici, c’est le concours de celui qui fera exploser son foie le plus rapidement, celui qui videra son estomac en premier sur le crâne ridé du petit Thierry, qui était d’ailleurs déjà vieux il y a 20 ans, peut-être était-il déjà vieux quand il est né. Histoire d’accélérer le processus d’indigestion, nos trois mousquetaires de la bouteille se fendent de petites danses douteuses, fermement décidés à mimer leur texte écrit avec un amour évident de la discipline.

Y’a Jojo qui sort sa trompette
Qu’il a ramenée du régiment
On va lui coller une grosse tête
Car il joue comme un gland ouais !
Ouais !


04. Roméo, Benvolio, Mercutio – Les Rois Du Monde

En parlant de glands, il est temps d’évoquer notre gouvernement. Il fallait bien en parler à un moment, et si tes papiers ne sont pas en règle tu vas vite t’en rendre compte : la France, en 2010, ce n’est pas drôle. Les puissants se jouent de nous, méprisent la populace et enculent les braves gens au fer à souder. Dieu merci, certains artistes ne se sont jamais fait prier pour élever une voix engagée pour protester face aux abus de pouvoir. Tu es quand même dans le pays de la Révolution, ma poule. Il est donc l’heure de retourner chercher du confort dans les oeuvres passées afin de se reconnecter avec notre âme et notre honneur. Nul besoin d’aller jusqu’au temps de Robespierre, il suffit de se télétransporter en 2001, année placée sous le règne de Roméo et Juliette.
Roméo et Juliette, c’est une comédie musicale. Ne rêve pas : nous sommes mauvais aussi dans ce domaine. Mais les foules adorent, et il est de toute façon impensable de ne pas succomber au déluge de bonheur qu’offre Les Rois Du Monde. Les couches adipeuses de violons qui t’accueillent ne laissent planer aucun doute : cette chanson est un bijou d’inspiration. Nos trois inséparables amis, Roméo, Benvolio et Mercutio, avancent d’un pas décidé sur un pont parisien, leur démarche parfaitement synchronisée à la manière de jeunes majorettes en fleur, le tout dans une mise en scène split screen à la Brian DePalma. Alors oui, de toute évidence, le budget n’est pas passé dans la reconstitution de Verone. Mais quel importance ? Cette histoire est universelle, intemporelle, jingle bells, jingle bells, jingles all the way. Le fait que le morceau soit 1) issu d’une comédie musicale française et 2) interprété par trois joyeux lurons fait tout son charme. D’abord, il y a Roméo. Le héros. Roméo est beau. Ses cheveux sont soyeux, volent au vent selon un angle juste parfait afin de ne jamais dissimuler son regard de feu. Ses tétons, dessinés à travers son justaucorps moulant, pointent vers des jours meilleurs. Sa voix de fer dans un écrin de velours donne le ton : on ne rigole pas chez les Montaigus.



Ensuite arrive Benvolio. Benvolio, c’est le bon pote. Le mec sympa. Le Benabar de la troupe. Il incarne l’optimisme, prêt à soulever des montagnes avec un sourire en coin un brin vicieux. Il n’y a pas de place pour la subtilité chez Ben. Il est le roi de la voyelle tendue. En effet, dans chaque comédie musicale, il en faut un. Tu comprendras vite ce que ça signifie.

Les rois du monde font tout ce qu’ils veulent
Ils ont du moooonde autour d’eux mais ils sont seeeeuuhls
Dans leur chatôôôôô là-haut ils s’ennuiiiiiiient
Pendant qu’en bâââââs, nous on danse toute la nuiiiiiiiit

Et c’est l’heure du refrain. Un refrain exaltant, aux paroles qui changeront ta vie. Une sorte de Carpe Diem français, qui fait décoller la chanson après un départ tout en retenue, agrémenté d’une chorale qui fait toujours son effet. A partir de là, ça ne s’arrête plus. Il est donc temps pour Mercutio de faire son entrée. Il est l’antithèse de Benvolio. Chauve, chétif, c’est un romantique désespéré. Alors que les violons se déchaînent (tululut ! tululut !), Mercutio est l’exemple même du chanteur qui mise tout sur l’émotion. Sa voix théâtrale se fait tremblotante, fragile, cristalline, elle s’envole et décroche tel un Concorde défectueux. Perdu dans ses raisonnements sur l’amour, il ne prête aucune attention au vieux clochard qui le dévisage. Juliette, déguisée en hippie, est également sur les lieux, mais Roméo préfère continuer à s’amuser avec ses deux amis plutôt que d’aller la séduire. Ils attaquent le dernier couplet de front, tous ensemble. Les harmonies délicates de Roméo et Mercutio trouvent une réponse brute en la personne de Benvolio, qui n’est jamais meilleur que dans le classique rôle de « mec qui répète les fins de phrases ».

Les rois du monde se battent entre eux
SE BATTENT ENTRE EEEEEUX
C’est que y a de la place, mais pour un par pour deux
POUR UN PAS POUR DEEEEEEEEEEUX wowo
A peine perturbés par leur intense rencontre finale avec les Capulet, qui ont un look de groupe de métal italien, ils passeront le reste de la chanson à répéter le refrain indéfiniment. Sous la pluie. Avec Benvolio qui hurle les fins de phrase.


TOP 3 : Let’s Get Ready to Ruuuuuuuumble.

03. Vincent Lagaf – La Zoubida

De toute évidence, tu sais mieux que personne que la France est une terre d’accueil. La preuve incontestable de cette ouverture des frontières, c’est la Zoubida. Mais connais-tu Vincent Lagaf ?
Ce génie est l’une des figures incontournables de notre culture. Il a touché à tout, et à chaque fois, la qualité est au rendez-vous. Comique subversif, animateur télé, acteur, réalisateur, et futur academy award nominee pour l’ensemble de son oeuvre, à n’en pas douter.

A n'en pas douter.

Il est aussi l’inventeur incontesté de la dance music. Bon, c’est évidemment faux mais laisse-moi réécrire l’Histoire. Le premier impact a été Bo le Lavabo. Un choc sismique. La jeunesse n’avait plus besoin de drogues pour entrer dans dans un monde parallèle où toutes les valeurs sont inversées ; il leur suffisait d’admirer le clip. Lagaf s’y démultiplie, incarnant une foule de personnages dont le rapport avec les lavabos et/ou les bidets reste à expliquer. C’est la première apparition de l’alter ego maghrébin de l’artiste : Mokhtar. C’est en explorant les origines de Mokhtar, à travers de nombreux voyages au-delà du periph, que Lagaf va trouver l’inspiration pour l’aboutissement de son aventure musicale. Après La Zoubida, il pouvait s’arrêter : jamais il n’arriverait à faire mieux. D’ailleurs, il aurait pu mourir après La Zoubida. Disparaître au top de la gloire, c’eut été une belle fin pour le Phil Collins français. Analysons l’essence de cette phénoménale tuerie, qui est en fait un commentaire social d’une justesse surprenante sur ces gens mystérieux à la peau foncée, dont tu fais peut-être partie.

"Comment ça, le Phil Collins français ?!"

Hello, everybody, hello, everybody hello

Lagaf se met directement dans la peau d’un conteur des mille et une nuits (anglophone), honteusement plagié plus tard par Disney pour le prologue d’Aladdin. Notons son accent, qui évite le piège de la simple caricature mais plonge dans la falaise de foutage de gueule pur et simple. On évitera de trop s’attarder sur le clip, qui se vit mais ne s’explique pas. Vraiment pas. Mais alors, qui est la Zoubida ? Une pauvre fille à qui il est arrivé une galère. Tout commence dans les dunes de Barbès…

C’soir à Barbès un bal y est donné
La Zoubida voudrait bien y aller
Ell’ d’mande sa mère si ell’ peut aller danser
Non non ma fille vous irez vous coucher
Ell’ mont’ sa chambre elle se met à chouiner
La Zoubida elle est désespérée

Je suis le plus beau et number one
Zoub zoub zoub Zoubida
Qu’est ce que t’as à pleurer
Zoub zoub zoub Zoubida
Ça c’est d’la chanson

Au-delà du courage de Lagaf, qui n’hésite pas à dénoncer le caractère oppressant des familles mangeuses de couscous, c’est musicalement que la claque est la plus violente. Lagaf pose les bases d’une electro révolutionnaire, la mélangeant aux rythmes orientaux et un chant scat cosmique totalement innovant. Tellement innovant que personne ne s’est risqué à l’imiter par la suite. Le couplet suivant dévoile le coeur des paroles : tout ça n’est autre qu’une histoire de preux chevalier allant sauver sa princesse des griffes d’un monde aux valeurs féodales dépassées.

Arrive Mokhtar sur un scooter doré
Arrive Mokhtar sur un scooter doré
Dis donc gazelle mais qu’est ce t’as à pleurer
Dis donc gazelle mais qu’est ce t’as à pleurer
Ben la fatma veut pas que j’aille danser
Passe par la f’nêtre moi je vais t’emmener
Met son chéchia et ses babouches chromées
Sur le scooter derrière elle est montée

Arrive ensuite le climax, la phrase coup de poing qui résume à elle seule ce que Jacques Chirac avait appelé « la fracture sociale ».

Mais le scooter, Mokhtar l’avait volé

Résultat logique, la nuit au commissariat et un séjour pour Mokhtar à la prison de la Santé, où il se fera violer par une bande de neo nazis atteints de syphilis. Une tragédie ordinaire, comme nos banlieues délaissées en connaissent chaque jour. Mais Mokhtar est un héros : après un petit coup de sampling de Il est Bo le Lavabo (astucieusement modifié en « Il est Bo le Chameau »), c’est le retour de l’espoir. Je te l’ai déjà répété cent fois, ça pourrait être le credo de Dawn : dans ce pays, l’amour triomphe toujours.

Oualou ta mère
Mets tes babouches et l’chéchia doré
Monte sur ma mobylette et j’vais t’emmène danser.

02. Michel Sardou – Ils Ont le Pétrole Mais C’est Tout


Je disais plus haut qu’il n’y a pas de top de la chanson française sans Johnny Hallyday. Eh bien, un top sur Dawn of The Daubes sans Michel Sardou est encore plus impensable. Surtout quand on veut faire découvrir la France à un étranger. Car, sache le, même si on est gentils, on ne veut pas tellement de toi ici. C’est juste qu’on n’ose pas le dire. Michel, lui, ose. Oh oui, il ose. Si tu t’étais toujours demandé ce que chanterait une poubelle si elle avait la parole, voici la réponse à ta question.
N’ais pas peur. Michel aime les étrangers. Souviens-toi, si les ricains n’étaient pas là, nous serions tous en germanie, à écouter 99 Luftballons en boucle. Non, il n’est juste pas fan des arabes. Des noirs non plus. Probablement pas grand amateur des jaunes. Et il faut surtout pas lui parler des mexicains. Mais dans la pépite qui nous intéresse aujourd’hui, ce sont juste les arabes qui s’en prennent plein la gueule. Mais tout le talent de Michel, c’est d’user de son charme naturel afin de nous rallier à sa cause. Comme si on avait besoin d’être convaincus ! A la différence de Lagaf et de son approche « nous sommes tous frères même si tu voles mon scooter », Michel fait du rentre dedans. Avec le sourire. Comment résister à sa coupe de cheveux, son noeud papillon de croque mort, son complet noir scintillant, et l’ambiance générale à la gloire de ce messie. N’oublions pas les choristes, à fond dans leur boulot, surtout les mecs vêtus de combinaisons spatiales argentées qui apportent une petite touche de modernisme au tableau. Mais ne soyons pas si matérialistes et fascinés par l’apparence, ce n’est pas très catholique, et mieux vaut être catholique que musulman. Passons alors à l’essentiel, la chanson.
Aussi surprenant que ça puisse paraître, ce n’est pas signé Barbelivien. Michel sait varier les plaisirs (ne crois pas qu’il soit pédé non plus, pauvre fou), et fait preuve ici de toute sa classe quand il s’agit de s’essayer à la soul. Ah ça, Michel, il a une âme, pas comme les arabes. Si tu n’avais qu’une seule chanson à exporter pour décrire l’esprit français moyen par rapport à l’identité nationale, ce serait sûrement celle-là. Je ne comprends pas pourquoi on n’oblige pas nos enfants à la chanter chaque matin à l’école. Et après on s’étonne qu’il n’y ait plus de valeurs.
Alors, oui, ils ont le pétrole, tu as le pétrole, mais tu n’as que ça. Michel le dit mieux que n’importe qui. Impossible de faire une sélection des meilleurs moments. Chaque mot ayant une résonance particulière, ce serait trahir son auteur que d’en omettre un seul.

Ils ont le pétrole
Mais il n’ont que ça
On a le bon vin
On a le bon pain
Et cetera

Ils ont le pétrole
Mais c’est tout
On a les cailloux
On a les bijoux
On a les binious

Ils ont les dollars
Et c’est bien
On a les manequins
Les grands magasins
Le Paradis Latin

Ils ont les barils, on a les bidons
Mais pour boire où vont-ils
Chez Dom Pérignon

Parce qu’ils ont le pétrole
Mais il n’ont pas d’eau
Pas de neige en montagne
Pas d’huîtres en Bretagne
Que des sables chauds

Pétrole on the rocks ça n’désaltère pas
Evian sort des Alpes
Pas du Sahara

Ils ont le pétrole
Pour trente ans
On a du vin blanc
Des blés dans les champs
Pour au moins mille ans

Ils ont le pétrole
Mais ils n’ont que ça
On a des idées
Un gaspy futé
Un Martel à Poitiers (lol !)

Ils ont les dollars
C’est très bien
Nous des têtes de lard
De gaulois grognards
Et chauvins

Cette chanson s’adresse
A un brave garçon
Qu’on appelle Altesse
Un ami de pension

Quand ton puits sera sec… plus de jus dans le citron
Plus personne à La Mecque
Viens à la maison

On boira mon vin
De bon coeur
Tu mangeras mon pain
Je demanderai la main
De ta soeur

Quand ton puits sera sec
Viens à la maison
On boira cul-sec
En vieux compagnons

Michel, habité par ses explicit lyrics, se laisse carrément aller à des mouvements de scènes auxquels il ne nous a pas habitué. Le voir s’agenouiller, traversé par la grâce, sanctifié par ses admirateurs, écrasé par la surpuissance de son propre talent, est un moment unique dans sa longue, trop longue vie. L’espace d’un instant, il redevient humain, son regard implorant le spectateur de faire attention à ses paroles. Car Michel, au fond de lui, souffre. On n’a jamais voulu l’écouter, regardez où on en est aujourd’hui. O Michel, tu es un colosse aux pieds d’argile. Calme-toi, j’ai pas dit que t’étais un pied noir.


01. Jean-Pierre François – Je Te Survivrai

On y est. Le numéro un. Number one. Numero uno, dos, tres, un pasito pa’delante Maria. Mais qui, qui mérite ce titre de champion toute catégorie ? Qui ose dépasser Michel ? Jean-Pierre François ? Pourquoi ? Tu veux que je t’en colle une ?

Je Te Survivrai, c’est l’aboutissement. Le résumé de tout notre voyage. Toutes ces épreuves que l’on a traversé, toi et moi, toutes ces insultes au bon goût le plus évident, tout se retrouve concentré en ces 4min30 de bonheur. Il faut le savoir, le calendrier Maya ne s’arrêtait pas en 2012, mais bien en 1989, date de sortie du single Je Te Survivrai, auquel justement personne n’aurait du survivre. Quand je dis que cette chanson résume tout ce dont on a pu parler, je ne rigole pas. Tu as peut-être déjà deviné qui a composé cette merveille. Oui, tu ne t’es pas trompé : l’unique, le magnifique, l’irremplaçable et implacable Didier Barbelivien. Il n’y a décidémment pas de mot pour le décrire. On peut quand même dire sans trop de risque qu’il est un incroyable fils de pute. Quoique, je ne vais pas insulter sa mère, elle a du déjà assez souffrir comme ça. Par le pouvoir qui m’est consacré (par Jésus), j’exige que l’on remette immédiatement une légion d’honneur à Didier pour avoir violé notre nation. Oh, mais attends, j’oubliais : il a bien évidemment été décoré il y a tout juste un an par notre président chéri. Quand même, ç’aurait du être fait bien avant. Où va le monde.

Où va le monde.

L’interprète n’est pas en reste. Jean-Pierre François est l’un de ces rares chanceux qui a trois prénoms dans son nom. Un signe ; il était destiné à de grandes choses. Ancien footballeur (!), il devient donc par la suite chanteur, signant notamment le touchant Il a Neigé sur Les Lacs (inspiré d’une histoire vraie). Par quel miracle s’est-il retrouvé associé à Didier, je l’ignore. Des rencontres comme ça, ça n’arrive qu’une fois par siècle – encore heureux. Jean-Pierre François va donc gracieusement prêter sa voix d’égouts à Didier qui va tout simplement se surpasser et faire exploser les compteurs de la chanson française. Décomplexé, il accouche d’un riff mémorable et de sonorités inexplicables sur son éternel bontempi, recréant par la magie de la technologie le son d’une flatulence tel qu’on l’entend dans un utérus. L’arrangement est brillamment boueux, tout se mélange dans une mélasse de claviers scintillants et de batteries électroniques envahissantes. Mais il est difficile de se concentrer sur la musique quand on a en même temps un tel texte. Les paroles n’ont pas de sens. Tu peux les étudier sous tous les angles, tu peux inventer des métaphores, c’est inutile ; à côté de ça, l’oeuvre de Laurent Voulzy paraît limpide. Pas besoin de chercher loin, prenons le premier couplet :

Dans les miroirs chinois
Dans le bleu des photos
Dans le regard d’un chat
Dans les ailes d’un oiseau
Dans la force d’un arbre
Dans la couleur de l’eau
Je te survivrai

Allons bon. On décèle un sous-texte écologique là-dedans, une saveur poétique tibétaine que l’on arrive pourtant pas à saisir totalement. Des années entières seraient nécessaires pour capter le sens réel de ce couplet. Malheureusement, personne n’en aura jamais le courage. Et la suite n’est pas en reste.

Dans l’hiver et le vent
Dans le froid des maisons
Dans les sables mouvants
Où j’écrirai ton nom
Dans la fièvre et le sang
Dans les murs des prisons
Je te survivrai

Je te survivrai d’un amour vivant
Je te survivrai dans des yeux d’enfant
Je te survivrai comme un revenant
Je te survivrai

Je te survivrai et tu m’entendras (tu m’entendraaaas – Benvolio, toi ici ?!)
Je te survivrai quelque part en toi
Je te survivrai au-delà de moi
Je te survivrai

Dans les bruits de la ville
Dans les aéroports
Dans les jours difficiles
Où je t’aimerai encore
Dans les nuits anonymes
Où je perdrai mon corps
Je te survivrai

Je te survivrai d’un amour vivant
Je te survivrai dans des yeux d’enfant
Je te survivrai comme un revenant
Je te survivrai

Dans les frissons du cœur
Dans les mots des chansons
Dans les cages d’ascenseur
Ou les caves des bas-fonds
Dans l’angoisse et la peur
Frissonant d’émotion
Je te survivrai

Je te survivrai d’un amour vivant
Je te survivrai dans des yeux d’enfant
Je te survivrai comme un revenant
Je te survivrai

Je te survivrai et tu m’entendras
Je te survivrai quelque part en toi
Je te survivrai au-delà de moi
Je te survivrai

Je te survivrai d’un amour vivant
Je te survivrai dans des yeux d’enfant
Je te survivrai comme un revenant
Je te survivrai

Je te survivrai et tu m’entendras
Je te survivrai quelque part en toi
Je te survivrai au-delà de moi
Je te survivrai

Je te survivrai d’un amour vivant
Je te survivrai dans des yeux d’enfant
Je te survivrai comme un revenant
Je te survivrai

J’ai envie de pleurer. Je ne comprends pas cette chose. Didier Barbelivien est-il fou, ou est-il con ? A la manière des aventures de Martine, Jean-Pierre François aurait pu créer une saga entièrement basée sur ce texte. « Jean-Pierre dans les aéroports ». Jean-Pierre dans les frissons du coeur. Jean-Pierre dans les caves des bas-fonds. Il survivra partout, ça au moins, on l’a compris.
Mais Jean-Pierre François, ce n’est pas seulement une voix brute de décoffrage, c’est aussi un physique. Et le clip est un hommage à ce physique. Réincarnation 80’s de Rahan, Jean-Pierre François est viril. Qu’il soit sur une plage grise, sur un cheval, ou plus surprenant dans un studio, ses cheveux flottent toujours au gré de la bise. Dans tout ce qu’il fait, il assure : il peut rester immobile et lancer un regard respirant l’intelligence à la caméra, ou à l’inverse bondir sur un trampoline pour traverser l’écran en diagonale, il ne perd jamais ce charisme rugueux. Il est tellement cool que, quand il décide de faire un tour dans sa jeep de ranger, il ne prend pas la peine de suivre les routes et préfère rouler dans l’eau. Il est comme ça, Jean-Pierre François. Et faut pas que sa copine le fasse chier, il n’aime pas ça. Même s’il survivra. Et puis, l’amour triomphe toujours. Même dans les cages d’ascenseurs et les bruits de la ville.
I Am A Patriot

Voilà, étranger, c’est ça, la France. Ca, et bien plus encore. Mais t’es gentil, on attendra pour le top 100. J’espère que tu es fier de pouvoir vivre dans le pays qui a enfanté tant de beauté. Le pays de Didier Barbelivien, Michel Sardou, Thierry Roland, Diam’s, David Charvet, Gilbert Montagné, ces héros mythologiques dont les exploits n’ont pas fini de faire rêver les enfants. Un pays où, oui, tu peux accéder au bonheur en béquilles. Un pays qui trouve son souffle patriotique dans la magie du football, ou la magie de Johnny Hallyday. Si tu te demandes encore comment subir tout ça est humainement possible, laisse-moi te rappeler les mots les plus importants de ce texte :

Je te Survivrai.

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3 commentaires

  1. Grace à Remi je suis tombé sur ce lien et j’ai ris et éprouvé une grande fierté de vivre dans ce pays.Je vais donner ce lien à des amis étrangers car ils ont le droit de connaitre la vraie France, celle de la chanson et du romantisme.
    Encore un grand Merci

    Silvain

  2. O Vincent, je soupire tous les soirs ton nom..Ce tour de France musicale est un délice d’humour décalé.. Merci pour le fou rire grâce à « chaque fou » et au « téton » de Roméo.
    Si les français avait ton cerveau peut être qu’on aurait toujours des chansons-caca, mais au moins on aurait de l’humour !

  3. Excellent articles qui me font mourir de rire .. Un humour décalé mais intelligent et juste.
    Pourrais-tu essayer de faire un article sur le nouveau phénomène « Lady gaga » , cette chanteuse « en carton » a été jugée selon le new york times femme qui a le plus d’influence au monde. Je suis süre que tu te regalerais avec elle 🙂


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