Twilight 3 : I’m On A Bloodbuzz, Yes I Am

Affaires de Familles

Il est appréciable d’avoir des repères dans la vie. Surtout quand, chaque jour, les élements se déchaînent pour faire imploser votre cerveau. La seule chose à laquelle on peut se raccrocher ces temps-ci, c’est la certitude que Twilight restera Twilight et ne nous laissera pas tomber.

Rétrospectivement, le deuxième épisode de notre saga préférée n’augurait pas du meilleur. Le magnifique Taylor Lautner portait à lui seul le film sur ses épaules musclées et l’extirpait avec talent du gouffre mollasson vers lequel il sombrait. Il était donc indispensable de redonner un coup de fouet à la franchise en y injectant du sang neuf (jeu de mot approuvé par Télé Z). Le sauveur s’appelle David Slade, qui peut déjà se vanter d’avoir le CV idéal : il a réalisé un film de vampire que j’imagine foireux et surtout des clips de Muse. Les même Muse qui ont offert au film une chanson nommée Neutron Star Collision (Love is Forever), et je crois que je n’ai même pas besoin de me moquer d’eux, car on n’achève pas un chien malade handicapé déjà à terre, même s’il gémit nuit et jour comme Matthew Bellamy. Dernier détail croustillant précédant la sortie : Stephanie Meyer et Robert Pattinson seraient des descendants lointains de Vlad Tepes, plus connu sous le nom de Dracula (et non pas Beyoncé). Taylor Lautner serait quant à lui lié à Steven Seagal, Fabien Onteniente et Eric Woerth. C’est vrai, vous pouvez vérifier – mais ne vous sentez pas obligés.

36 37. Chaque don compte.

Les étoiles étaient donc alignées pour accoucher d’un classique. Et d’un classique ils ont accouché. Les affiches suffisaient déjà à nous mettre en confiance, mais je l’affirme bien fort : Eclipse est le meilleur de la série. A moins qu’il ne le soit pas. Il n’est pas aisé d’établir une échelle des valeurs quand on parle de Twilight – après tout, personne ne vous demande d’établir un classement des déjections canines dans lesquelles vous marchez dans la rue.

C’était attendu : cet épisode fait un bond – James Bond – considérable vers une ambiance beaucoup plus sombre, torturée, mature (j’ai pas dit MILF – quoique). Du moins c’est ce qu’on peut fantasmer devant son prologue, où un jeune très laid se fait pourchasser par une ombre dans un Seattle noyé sous une pluie diluvienne. L’intensité de la scène n’est pas sans rappeler l’introduction du premier épisode et sa poursuite entre un vampire et une biche. C’est dire à quel point on se sent impliqué.

Cette inquiétante promesse d’atmosphère emo dark milf est pourtant de courte durée : on retrouve immédiatement nos amoureux éperdus Bella et Edward, allongés dans un champ de violettes tout à fait charmant, et assénant le premier dialogue sans but et sans fin du film.

« Fais de moi un vampire. »
« Epouse-moi. »
« Non, fais de moi un vampire. »
« Epouse-moi d’abord ».

Ca ne fait que cinq minutes que le film a commencé, et pourtant, on se sent déjà bien ramollis au niveau du cervelet – et non pas au niveau du cervelas, parce que le cervelas ça me fait gerber, d’ailleurs pourquoi tu me parles de cervelas ? Mais, au fond de nous, on ne peut s’empêcher d’être intrigués par l’expression mystérieuse sur le visage de Pattinson, qui présage des bien sombres heures à venir.

Sad Eyed Vamp of the Lowlands

En effet, je suis navré de vous l’apprendre, en 2010, notre petit Pattinson est bien triste. Peu importe la situation dans laquelle il se trouve, il ne quitte jamais son air de chien battu qui n’est pas sans me rappeler la gueule que je tire quand je vois le dernier clip de Miley Cyrus. On devrait s’habituer, il n’a jamais été un bout en train, mais cette fois, il passe à travers le film tel un léger vent de dépression, traînant son teint post-gastro avec toute la souffrance du téléthon concentrée en sa seule personne. Même durant les réunions de famille, il se plante dans le sol, raide comme un piquet, les yeux fixés sur ses chaussures comme s’il avait quelque chose de très grave à se reprocher, probablement la pose exacte qu’Hitler aborde dans l’au-delà. On a presque envie de le serrer dans nos bras, tant il nous paraît fragile. Je tiens à préciser que je ne parle plus d’Hitler.

"Hiiiii !...:'("

Mais il faut le comprendre, Eddie. C’est un mec de la vieille école. Un romantique éperdu venu d’un autre temps et qui, s’il n’était pas déjà mort, aurait une crise cardiaque en découvrant les frasques surnaturelles d’un Flo Gaga. Il aimerait bien qu’on le laisse conter fleurette à sa moitié en une journée de printemps, ou au moins pouvoir pleurer sous la pluie en faisant des ricochets sur une rivière. Mais non, le romantisme n’est plus ce qu’il était et sa Bella ne pense toujours qu’à lui arracher son pantalon.

Ah, Bella. Elle aussi, il faut la comprendre. Ca fait depuis Into the Wild qu’elle veut se faire sauter mais elle ne tombe que sur des aventuriers moralisateurs, des poètes qui se touchent sur leur propre souffrance, ou des rédacteurs de Dawn of The Daubes. Du coup elle a fini par décider de jouer dans le biopic (mot hype) de Joan Jett, là au moins elle est sûre d’avoir quelques scènes de cul. Pourtant, cette fois, on y a tous cru. Tout était réuni. Edward avait même acheté un lit pour l’occasion. Lumières tamisées, musique lounge (ascenseur), ils commencent à se désapper, et au dernier moment, Edward aux mains d’argent arrête tout, et se lance dans un monologue sur l’amour inarrêtable qui fera, sans aucun doute, rêver les quelques pétasses goth obèses qui prennent encore la saga au sérieux. La phrase à retenir de sa déclaration de l’extrême ?

« J’aurais aimé boire avec toi un thé glacé sous la véranda. »

That’s hot.

"Les vampires c'est tous que des pédés ! Et ta mère est grosse."

Cullen et les Garçons

Si notre couple torturé ne vit pas ses meilleurs jours, le constat est tout autre pour leur entourage. Les Cullen, s’ils étaient quasiment absents du deuxième épisode, font ici un retour en fanfare. Vous connaissez l’amour que l’on porte à Jasper. Nous sommes une petite communauté à avoir décelé tout le potentiel du personnage dès sa première apparition (vous pouvez d’ailleurs nous retrouver sur jasperlove.ru/forum/yaoi) . Autant dire qu’à ce niveau là, Eclipse nous a comblé au-delà de nos plus folles espérances. En effet, après avoir appris dans New Moon à esquisser un rictus glauque que l’on peut vaguement interpréter comme une tentative de sourire, l’acteur a ajouté cette fois à sa panoplie un lever de sourcil qui finit de l’imposer comme l’un des comédiens les plus expressifs du film. Il écope du rôle d’entraîneur des troupes, en vu de leur grande bataille finale sur laquelle nous reviendrons en détails plus tard, entre nous, si tu le veux bien. Mais il sait aussi faire preuve d’une grande émotion, à travers sa relation avec Alice (qui, oui, est toujours jolie et a toujours des visions qui ne servent à rien) et surtout un flashback de son ancienne vie.

"Attention au flashback."

Oui, nouveauté,  on a droit à quelques flashbacks personnels permettant de mieux comprendre les motivations profondes de nos héros, et surtout pourquoi ils aiment autant faire des regards torturés à la caméra. Cela donne un fort côté Highlander à l’ensemble qui n’est pas désagréable. J’avoue avoir eu du mal à dissimuler mon excitation quand Jasper balance, sans prévenir, « quand j’étais avec les confédérés… » Je ne fus point déçu de l’admirer galoper à travers les plaines sur un cheval, vêtu d’un costume aussi cheap que sa coupe de cheveux so 1679 et coiffé d’un chapeau qui lui donne effectivement l’air d’un parfait con fédéré. Mais l’important est sauf : il devient vampire, a son petit coeur brisé, puis retrouve l’amour avec Alice qui apparaît à ses côtés comme dans une pub pour mousse à raser, « mais dis-moi Jasper tu es si doux aujourd’hui. »

"C'est grâce à mon nouveau Gillette albino sensitive."

Rosalie est l’autre Cullen à avoir droit à son petit flashback dans une scène qui ne sert à rien. Autant le dire, c’est beaucoup moins funky que les ballades à cheval de Jasper : elle se retrouve victime d’un viol collectif orchestré par son ex-futur mari alcoolique, mais aussi – et surtout – moustachu. Que les jeunes parents ne s’inquiètent pas, rien n’est montré à l’écran. Par contre, si vous comptez éduquer votre progéniture avec Twilight, vous avez peut-être un problème. Suite à la tournante 1930 spirit, Tom Cruise l’a retrouvée dans la ruelle, « laissée pour morte » (allons, un viol n’a jamais tué personne) et a décidé de la recueillir, ce qui lui permettra de se venger du moustachu qui, alors qu’elle arrive pour lui arracher la tête, se contente de pleurer et gesticuler sur le sol avec une bouteille de whisky à la main, situation que connaissent bien les supporters de l’équipe de France cette année.

On est donc bien contents que les Cullen reprennent l’importance qu’ils méritent, même si Emmett n’a toujours qu’une connerie à dire par film et que Tom Cruise se contente un peu d’être Tom Cruise, mais de toute façon ça nous suffit. C’est déjà un miracle de les voir autant, quand on s’aperçoit que le nombre de personnages est toujours en train de grandir, notamment du côté des bad boys. Je serais tenté de dire bad guys mais ce serait vous mentir. Car ce ne sont que des petits garçons.

Volturisotto

"Limbo !"

Les Volturi, vous le voyez, font une apparition remarquée. De toute évidence en vacances, c’est la seule raison à peu près valable qui pourrait expliquer leur présence, ils observent les événements perchés sur les toits et aiment exposer à la lumière de la lune leurs accoutrements de plus en plus proches de Mozart l’Opéra Rock. A aucun moment ils ne servent à quelque chose, si ce n’est sur la fin quand Félix Volturi (je vous demande de bien réfléchir à ce nom) tue une enfant innocente pour montrer qu’il est vraiment pas gentil, alors que ses compagnons l’observent en prenant des poses de danseuses étoiles. Mais la menace rode, palpable, et on sent bien qu’ils vont enfin se réveiller la prochaine fois et que ça ne va pas rigoler. La prochaine fois, parce que là ils sont déjà assez occupés à se préparer pour la fashion week spéciale époque victorienne.

Victorienne ? Tiens, parlons donc de notre « belle » rousse Victoria – cette transition est sponsorisée par Bernard Pivot. Depuis le premier épisode, ils essaient de la faire passer pour la mystérieuse méchante avec un plan machiavélique, mais il est difficile de prendre au sérieux une rouquine dont les faits d’armes les plus spectaculaires consistent à faire des sauts de cabri en forêt.

Forest Jump.

Mais, cette fois, elle a trouvé de l’aide en la personne de Riley, le jeune laid (rime) qui se faisait agresser pendant le prologue. Choisi parce qu’il vivait à Forks et qu’il connaît donc la région (…passons), ce petit nouveau est lui aussi vraiment très méchant et très énervé. Le genre de mec à casser des voitures et jeter des gens dans les airs sans raison valable. En gros, un mec pas sympa. Le seul souci, c’est qu’il ressemble à un cousin germain maléfique de Justin Bieber. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, même si Justin Bieber mangeait des bébés et brûlait des chatons, il ne gagnerait pas en crédibilité pour autant.

L’important avec Victoria et Riley, c’est leur plan très subtil et infaillible pour tuer Bella. En effet, vous l’avez probablement oublié, mais Victoria veut venger la mort – enfin, la mort bis – de son boyfriend James, un vampire qui aimait le cuir et renifler les arbres (entre autres choses). On imagine surtout qu’elle a rien de mieux à foutre. Cette fois, elle a tout préparé : avec l’aide de Riley, elle compte monter une armée de jeunes vampires pour prendre d’assaut Forks. C’est l’événement principal du film, la grande bataille qui va voir s’allier les Cullen et leurs rivaux de toujours, les indiens loups garous playboys nudistes consanguins (mais trop bronzés pour être ch’tis).

Mark of the Wolves

Le peuple indien n’a décidément pas de chance. En plus de disparaître progressivement de la face de la planète, voilà que leurs derniers représentants sont une bande de jeunes hippies qui se balladent pieds nus, sûrement pour montrer leur côté sauvage fan de Yannick Noah. Leur première apparition dans Eclipse donne une idée du niveau intellectuel général : ils débarquent en short – mais ça on a l’habitude, tout bondissants et heureux de vivre, l’un d’entre eux semblant notamment en plein orgasme quand il mange un reste de poulet que même KFC n’oserait pas servir. On rencontre aussi Seth, un enfant loup, qui se décrit lui-même comme « le plus cool » de la bande, ce qui a le mérite de nous donner envie de le frapper dès son introduction. Enfin, ça ne fait pas de mal d’avoir un peu de liesse dans ce monde ambiance crypte tonique.

Too sexy for their shirts.

Mais tout n’est pas si « gambadons nus dans les bois avec les enfants » chez les indiens.  On est pas chez Cohn-Bendit ici. Leurs apparents faciès d’attardés dissimule bien des histoires tortueuses et autres coutumes étranges. On en apprend en effet beaucoup plus sur eux, grâce à notre éternel ami aux éternels pectoraux Jacob. On l’avait abandonné à sa tristesse il y a quelques mois, rejeté par Bella, mais on comprend vite qu’il n’est pas prêt de lâcher l’affaire. Son regard respirant toujours autant une intelligence rare, il va pendant deux heures tout tenter pour accéder à son st graal, la petite culotte de Miss Frustration 2009/2010. Jacob a la dalle. Afin d’approcher son unique objectif dans la vie, il ouvre son coeur et son monde à Bella, ce qui nous permet de découvrir par exemple l’ancienne légende des Quileutes,  histoire secrète qu’ils ne se lassent pas de raconter au coin du feu. En gros, le chef du village Takaka/Taaka/Takatakata a affronté il y a bien des années un vampire « froid comme la glace et dur non pas comme ma bite mais comme la pierre », et sa femme n’avait pas de pouvoir mais elle avait… « le courage. » Je résume.

"Oh, Sam..."

Plus intéressant pour les petites filles de 12 ans qui sommeillent en nous (ou dans notre lit), le background finalement très Melrose Place de la Jacob team. Prenez donc l’exemple de Leah Clearwater, qui n’est pas contente parce que son ex Sam, chef de la meute, l’a plaquée comme une merde pour aller s’imprégner d’Emily, qui est la cousine de Leah, qui d’ailleurs vient en fait de devenir un loup-garou elle aussi.

S’imprégner. C’est ainsi que les loups garous trouvent leur partenaire particulier. Mais Jacob, comme à son habitude, l’explique mieux que tout le monde :

« Quand tu t’imprègnes d’une personne, c’est elle qui te maintient au sol, ce n’est plus la gravité. »

Ca a le mérite d’être clair.

Suspicious Minds

Evidemment, nos esprits vicieux ne pourront s’empêcher d’associer le terme « s’imprégner » à des images peu vertueuses. C’est rassurant : le troisième Twilight continue la tradition des sous-entendus grivois qui ne trompent personne et des dialogues bien remplis, mais remplis de vide. Car Eclipse n’est clairement pas un film d’action, d’ailleurs ce n’est peut-être pas un film : c’est une succession interminable d’échanges entre deux – parfois trois, soyons fous – personnages, et ça ne respecte aucune notion de structure, de psychologie ou de rythme. Chez Télérama, on appellerait ça l’Avant Garde.

On a donc déjà les blagues à deux balles, dont Jacob est devenu un spécialiste. Si Edward est un cachet d’aspirine sans l’effervescence, Jacob est un carambar. Héritier spirituel des personnages du chef d’oeuvre définitif et indispensable qu’est Batman & Robin, il profite de chaque moment pour balancer des traits d’esprits du genre : « tu as beau rester de glace, je sens que je te fais bouillir. » Mais son grand truc, qu’il s’obstine à ressortir quasiment à chaque scène dans l’espoir désespéré de faire rire ses compagnons, reste le très profond « je vais te réchauffer. » Ecoute, Jacob, c’était déjà pas drôle la première fois, ça ne le sera pas au bout de la dixième. Mais ne le sacrifions pas tout de suite sur l’autel de la phrase à la con : il n’est pas tout seul dans sa quête.

"Jasper, il est vraiment temps que tu ailles chez le coiffeur."

« – Tu es encore toi.
– Tu es encore toi aussi. »

« – Tu as fait le tour.
– Toi aussi tu as fait le tour. »

« Je suis fait de chair, de sang, de chaleur. »

« Je suis un peu plus moi-même. Ce n’est pas un choix entre Jacob et toi, mais entre qui je devrais être et qui je suis. »

« Le numéro 1 du Top Ten de mes moments avec toi, c’est quand j’ai demandé ta main. »

Mais cette année, surpassant son propre « tu es ton propre soleil » de New Moon, c’est Bella qui remporte officiellement la catégorie poids lourd de la phrase mi-romantique mi-porno allemand underground.

« Je veux me lier à toi de toutes les façons humainement possible. »

Bien, maintenant qu’on a évoqué cette folle ribambelle de personnages…bon, d’accord, je sais, j’en ai oublié, mais suis-je vraiment obliger de les citer ?

Le chanteur de Vegastar aimerait récuperer sa mèche. Merci.

Combats Sans Code d’Honneur

Maintenant qu’on en a fini avec ça, j’imagine qu’il est temps de parler en détails du scénario. Ca va aller vite : il n’y en a aucun. Mais il y a bien quelques traces d’évènements autres que la tentative de dépucelage au thé glacé d’Edward. En se concentrant, on peut dénicher deux scènes d’action dans le film. La première est une poursuite à travers la forêt entre Victoria, les Cullen et les indiens. C’est en fait l’exacte même scène que dans le deuxième épisode, à la subtile différence qu’au lieu de se passer au ralenti, elle est en accéléré. Apprécions l’originalité. Non, le gros morceau, c’est évidemment l’échauffourée finale – vous noterez que j’ai utilisé le mot « échauffourée », ce qui me rend fort intelligent. Le film fait méchamment monter la sauce sur cette fameuse alliance improbable façon Rio Bravo Quilleutes – Cullen (si vous le prononcez plusieurs fois rapidement, ça fait un bruit de train – oui, j’ai testé) face à l’armée de Riley.

"Les rois du monde font tout ce qu'ils veulent..."

Afin de mettre Bella en sûreté, un plan à la hauteur du QI brillant de nos héros est mis au point. Jacob, qui « pue » (personne n’en doutait, surtout qu’il devient roux en se transformant en loup), applique son « odeur » sur Bella afin de la camoufler et ne pas attirer les méchants vamps. Toutes ces histoires de phéromones ne me laissent pas de marbre, je l’admets. Ensuite, elle passera la nuit dans la montagne sous une tente Quechua en compagnie de ses deux chevaliers servants. Là où la situation prend toute son ampleur, c’est quand, la nuit venue, une tempête s’abat sur la montagne et Bella menace de tout simplement mourir de froid – ou comment passer d’une belle après midi ensoleillée dans la nature à un remake de Sept Ans au Tibet. Afin de la sauver, Jacob va, bien sûr, s’empresser de se coller contre elle pour… « la réchauffer », sans oublier un petit « ce serait mieux si tu enlevais tes vêtements », pour la forme. Scène importante quand même, puisqu’elle voit nos deux rivaux établir un semblant de relation fraternelle virile en s’envoyant des répliques mordantes (Télé Z) du style « si tu ne voulais pas me tuer et voler ma raison de vivre, en gros si t’étais pas un gros fils de pute en short, je t’apprécierais lol ». Le lendemain, Jacob parviendra enfin à rouler une pelle à Bella sans la forcer, et quand cette dernière revient vers Eddie, qui ne s’est pas encore réveillé depuis le début du film, il devient le copain le plus compréhensif du monde.

« – Tu l’aimes ?
– Oui, mais je t’aime encore plus.
– Je sais. »

Et on en parle plus.

"De toute façon je déprime et tout le monde s'en fout."

Pendant ce temps, dans la vallée, ohoh, de Dana lalilala, la bataille se prépare. Les Cullen prennent leurs meilleures poses Power Rangers (mention spéciale à Emmett), une certaine excitation s’installe dans les tétons du spectateur. Au final, l’armée de Riley, c’est 15 clochards qui vont se faire défoncer la gueule dans le même bout de plaine que Laurent le 2 – ce serait bête de changer de décor au point où on en est. La fameuse scène dure trois minutes durant lesquelles on peut s’apercevoir que les vampires sont un peu made in Taïwan et se brisent au moindre choc, ainsi qu’admirer la régression incroyable de la mise en scène et des effets visuels qui sont de plus en plus mauvais à mesure que la saga avance. Déjà que ce n’était pas vraiment brillant dans les précédents.

Mais ne crions pas victoire si vite. Il y avait une légère faille dans la stratégie pourtant mûrement réfléchie d’Edward. Victoria parvient à les trouver, et notre vampire préféré de s’étonner « mon dieu, elle savait que je serais avec toi, et elle a senti ma présence ! » Quel héros. Riley débarque à son tour dans un moment de nanardise qui touche à la beauté suprême : grosse entrée en scène, il s’avance d’un pas décidé, visiblement prêt à casser des gueules en l’honneur de la rouquine. Edward choisit ce moment pour entamer un duel psychologique.

« Arrête, elle te manipule, elle veut juste venger James ! »

10/10.

Riley, perturbé, s’arrête et semble prêt à fondre en sanglots, son regard se tournant vers Victoria comme pour l’implorer « mais c’est pas vrai hein ? » Il mettra deux minutes avant de reprendre sa volonté, puis se fera dégager comme une sale merde par Seth, le bébé loup garou, en gémissant « mais Victoria eeeeuh ». Une morte à la hauteur de ce personnage dont nous ne souviendrons pas très longtemps. Edward redevient alors le héros sans peurs, sans reproches et sans bronzage que l’on connaît et décapite Victoria, éliminant sans trop suer la menace qui planait depuis trois films. Ouf, voilà une conclusion d’une intensité digne d’une interview présidentielle menée par Michel Denisot.

Malheureusement, ce n’est pas tout à fait fini. On ne sait pas trop à quoi ça sert, mais Jacob se fait briser les os par un vampire qui passait dans le coin. Rassurez-vous, il ne meurt pas, il lui reste même assez de force pour dragouiller Bella une dernière fois, genre « je sais que tu m’aimes arrête de faire ta mijaurée. » L’essentiel est sauf.

Push it, push it real good.

Total Eclipse Del Amor

Tout ça, c’est déjà beaucoup pour un seul film. Mais le final symbolise tout le réel génie de l’oeuvre : on se retrouve dans le champ de violettes du début, cette fois encore en compagnie d’Edward et Bella, dans la même position, qui reprennent la conversation là où elle s’était arrêtée. La vérité éclate alors : ce film a conscience de ne servir à rien. Si les 120 minutes entre le début et la fin n’existaient pas, ça reviendrait au même : personne n’a évolué, il ne s’est absolument rien passé, et Jacob est toujours un sacré blaireau. Bella décide finalement d’accepter la demande en mariage d’Edward, un mois avant son anniversaire « parce que je veux pas avoir un an de plus que toi ».

J'ai pleuré.

Demande qui avait eu lieu à la fin du film précédent. On peut donc interpréter le film comme un épisode de transition, préparant le terrain pour un final en deux films (hourra) qui s’annonce terrible. Sachant que le deuxième était également un épisode de transition, donc une transition vers une transition, il paraît clair que l’ensemble de la saga se mute peu à peu en allégorie du transit. Ca tombe bien, il y a des moments où on s’y fait quand même un peu chier. Vertigineux.

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7 commentaires

  1. Je ne l’ai pas encore vu..mais je pense que quand je serai assise dans la salle noire, je serais la seule personne à rire toutes 30 secondes en repensant à tout ce que tu viens d’écrire.. J’attendais la sortie de twilight QUE pour lire ta merveilleuse critique et tant pis pour le suspence >pas compliqué il y en a autant que dans un épisode de Babar le lien :WTF? It’s brilliant

  2. Merci! En plus de m’avoir bien fait rire, tu as su mettre les mots exacts sur ce que j’ai pu ressentir pendant ce film!

  3. 🙂

  4. « car on n’achève pas un chien malade handicapé déjà à terre, même s’il gémit nuit et jour comme Matthew Bellamy. »

    Justement si. Repose en paix, Julius.

  5. Cette critique est du grand art…
    CLAP CLAP CLAP !

    😀

  6. Personnellement, j’ai bien lu la critique qui était très bonne, sauf la vanne du « Jacob pue surtout parce qu’il se transforme en loup-garou roux … » … Perso je suis rousse alors les clichés sur les roux hein … 😉
    Sinon la critique est drôle 😀
    *Applause*

  7. salut cullen vampire
    que moi ese un vampire
    est cou faires rake mon cour
    tu ma transforme an vampire
    que an finse pour moi
    de melssa


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