Pierrot : Got Me Lookin’ So Creusois Right Now

Le Repos des Braves

Vous l’avez remarqué : les mises à jour se sont faites rares ces derniers mois en ces lieux bénis (pénis ?).

 

"Je suis fan de Dawn et ces derniers mois ont été les plus longs de ma vie."

 

L’été a presque eu raison de nous. Trop occupés que nous étions à nous rouler nus dans les champs de blé en sodomisant des chèvres, nous en avions omis que les daubes ne dorment jamais. Alors que, un par un, les apôtres du caca international faisaient leur rentrée, nous préparions notre retour en fanfare dans la blogosphère. J’utiliserai beaucoup ce mot à l’avenir, car j’ai très envie de faire partie de la blogosphère. C’est un peu l’équivalent 2010 de faire partie des enfants cools à la cour de récré.

La Gauffre

Malheureusement, ce matin, alors que je préparais mon cartable Batman en mangeant un Pitch, mon monde s’est écroulé. L’une des grandes bénédictions télévisuelles de l’année dernière était l’apparition soudaine de l’incroyable duo Vincent Lagaf’ / Gérard Vivès, alias la collaboration la plus inattendue mais aussi la plus excitante qui soit. La rencontre de deux monstres sacrés, la version TF1 de Alien vs Predator ou de Godzilla vs Jean Reno. Eh bien tout a failli tourner au drame, quand cette semaine, Lagaf’ a manqué de tuer son compagnon dans une scène que nous ne manquerons pas de nous imaginer en rêvant secrètement de mettre la main sur l’enregistrement.

«Lagaf’ a voulu faire l’andouille, il a accroché Gérard Vives à une pelle mécanique, une pelleteuse pour faire des trous, avec un godet (?!). Gérard est monté à environ 3 mètres, et il était balancé de droite à gauche, puis l’élingue a lâché. Et puis il est tombé sur la tête, avec un bruit sourd. Il ne parlait plus. Il y avait du sang. Pas une marre de sang, mais il y avait du sang.» C’est ce que raconte Jean-François, ingénieur de 68 ans qui assistait à l’enregistrement du «Juste Prix» avec sa femme, au studio 107 à la plaine Saint-Denis. »

(Source : un site qui ne doit pas avoir beaucoup de choses intéressantes à raconter)

Le drame. Pourquoi, ô pourquoi, sont-ce toujours les âmes les plus innocentes qui doivent souffrir ? Gérard nous a accompagné durant nos vies entières, sans même que nous nous en rendions compte. Au temps des Filles d’A Côté, Il nous a appris que, oui, la virilité, c’est aussi secouer son petit cul en mini short. Leçon qui à de toute évidence eu un impact profond sur la conscience collective.

N’oublions pas non plus son apparition – aux côtés de la toujours grandiose Arielle Dombasle – dans Gamer, probablement un des films français les plus délicieux qui soit, qui occupe une place de choix aux côtés de Samouraïs au panthéon des films sur les jeux vidéo, cet étrange média qui suce le cerveau des enfants et les transforme en carcasses dénuées de sentiments ne cherchant plus qu’à tuer leurs parents. C’est vrai – je l’ai vu à la télé.

 

Attention : les jeux video rendent vos enfants bronzés.

 

Vous comprenez bien que cette triste nouvelle qui nous est tombée dessus aussi lourdement que Gérard sur le carrelage nous a forcé à réfléchir sur nous-mêmes. S’ajoutant à l’infâme procès moral fait à Jean-Luc Delarue et au décevant car mollasson dernier album de Michel, c’en était trop. Ce n’est jamais facile de voir ses idoles vaciller une par une. J’ai perdu goût à la vie, et m’apprêtais donc à laisser un message d’adieu ici-même avant de retourner donner des coups de poing à une cascade. Et puis quelque chose est arrivé. Une petite étincelle qui aura suffit à me réchauffer le coeur et à m’envelopper dans un cocon de bonheur intense. Cette chose s’appelle Pierrot.

Bébé Caduque

Pierrot est un artiste qui fait partie de cette récente vague de gens nuls qui espèrent toucher du doigt la reconnaissance en s’exhibant sur youtube avec une guitare acoustique, probablement convaincus que jouer Wonderwall dans son salon est un moyen jamais vu de séduire la jolie voisine / camarade / collègue / nonne qu’ils ont dans leur collimateur. Alors qu’on sait tous très bien qu’il est plus efficace pour se faire remarquer de les insulter vicieusement sur un blog. La différence avec ces dragueurs des plages sponsorisés par internet, c’est que Pierrot a des choses à exprimer. Si on était à la Nouvelle Star, on dirait de lui qu’il a un « univers ». Comme on n’est pas à la Nouvelle Star, on dira juste qu’il sent la merde.

Mais j’entends au loin les cris effarouchés des bonnes âmes que vous êtes. S’attaquer à un amateur, c’est mal. Faire souffrir un être innocent, c’est mal. Torturer des chiots, c’est mal. Mais comme il n’y que le mal qui m’aille, je ne vais pas me gêner. Car les daubes, c’est comme n’importe quel parasite : on peut s’y attacher (vous-ai je parlé de Bob, mon ténia ?), mais il vaut mieux s’en débarrasser avant que ça ne fasse trop de dégâts. Croyez-moi, si j’avais été médecin, vieux et médium, la mère d’Ariane Massenet n’aurait jamais accouché. Je vous laisse maintenant imaginer un foetus avec la tête d’Ariane Massenet. Vous avez l’assurance de faire des rêves intéressants cette nuit.

 

Le premier qui me dit à quoi sert Ariane Massenet gagne une nuit avec Mouloud Achour.

 

Et puis déjà, je ne vais même pas en dire du mal, de Pierrot. Vous me prenez pour qui ? Je pensais qu’on se connaissait, maintenant. Je ne suis pas ce genre de garçon, « sans la cédille ça fait gare aux cons » – au fait qu’est-t-il arrivé à cette salope ?  Bref, contrairement à ce que vous allez vous imaginer, je lui tire mon chapeau, à Pierrot, car il faut du courage pour s’affirmer quand on est un jeune artiste qui se cherche. Futur fer de lance de la chanson « réaliste » française (lol!), Pierrot n’hésite déjà pas à mélanger à ses ritournelles ero-acoustiques un morceau épique ayant pour thème la Creuse. En automne. La Creuse en Automne.

Creuse, felt Jacob

Je vous vois vous marrer (car, oui, je t’observe), mais je vous arrête tout de suite. La Creuse mérite une chanson. Cela fait trop longtemps que ce département est laissé pour compte dans le répertoire de la scène alternative internationale – même si on se souvient avec émotion de l’indémodable Let’s Get Your Creuse On de Marvin Gaye. Selon Pierrot, et je cite, la Creuse, « c’est beau et pur ». Un espace sain encore épargné par le progrès, la guerre et les reprises de Wonderwall.

 

La Creuse. Mais au printemps, cette fois.

 

Bien décidé à rendre hommage à cette patrie, Pierrot se lance donc dans un plagiat beau et pur d’une chanson absolument inconnue d’un groupe sans succès pour déclarer sa flamme romanesque à qui veut l’entendre. Même si vous ne voulez pas l’entendre, d’ailleurs, vous serez bien obligés d’être intrigués par l’étonnant son qu’il produit lorsqu’il tente de chercher une note un peu trop haute. On imagine sans peine la goutte de sueur perlant sur son front à chaque fois qu’il se lance dans ce combat perdu d’avance. On respectera quand même la décision de ne pas utiliser autotune, cet étrange moyen qu’ont trouvé tous les non-chanteurs de sonner comme des cyborgs homosexuels. Je ne comprends pas cette mode.

 

"I throw my hands up in the air sometimes, saying ayo ! Gotta let go!"

 

Cerise sur le marteau, La Creuse en Automne se pare d’un solo final captivant par son originalité et la décision encore une fois courageuse de ne pas jouer une seule note dans la bonne tonalité. On applaudira donc bien fort Lucas Vila pour avoir achevé un son évoquant les douces mélopées d’un nain qui se ferait manger par trois chiens errants. Mais comme Harvey Dent, il a plusieurs facettes et a également réalisé l’émouvant second clip de Charlotte Gainsbourg, une chanson qui me fait toujours froid dans le dos. Un artiste complet qui peut donc endosser toutes les casquettes, un vrai Robert Rodriguez à la française, sans le talent. Pardon, j’oubliais que Robert Rodriguez n’a pas de talent. Sans plus attendre, je vous laisse savourer l’insavourable : La Creuse en Automne.

On pourrait aussi parler des reprises de Pierrot, cris de rage d’un enfant de la rue de la Creuse qui ne veut ressembler à personne. On pourrait en parler, mais je pense pouvoir  résumer tout ça avec un commentaire pris au hasard :

 

"Why the face" ?

 

En tout cas, Pierrot a mon soutien inconditionnel. J’aimerais officiellement le remercier de tout mon coeur pour avoir ravivé mon amour des choses sales et me redonner confiance en un avenir plein d’abominations esthétiques. Alors comme l’a dit Mahomet : Alleluia.

Et nous souhaitons bien sûr un prompt rétablissement à Gérard Vivès, à qui nous envoyons tout notre amour.

 

Reviens-nous vite.

 

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Un commentaire

  1. Merci pour ce moment digne des plus grands matchs de catch..Les filles d’a côté..cela me donne envie de regarder cette série, je suis complétement passé à côté. Je vais vite essayer de combler ce vide cul-cul-turel.


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